Une victoire judiciaire pour les éleveurs de porcs de race blanche de l'Ouest.

Vendredi 22 mai, le tribunal judiciaire de Paris a annulé la marque « Les Blancs de l'Ouest », au motif que nul ne peut privatiser le nom d'une race locale porcine. Cette décision fait suite à une action en justice intentée par le syndicat représentant les éleveurs de la race des porcs blancs de l'Ouest, qui estimait que cette dénomination était détournée à des fins idéologiques.

La marque avait été déposée en 2022 par une société créée par deux frères liés à un groupuscule fasciste d'Angers, dissous par le gouvernement. Leur élevage mettait en avant cette race ancienne, reconnaissable à ses oreilles tombantes, l'une des six races porcines locales reconnues en France métropolitaine. Sur leur site internet, ils présentaient ces animaux comme les « dignes héritiers des cochons celtes », un discours qui a alerté les éleveurs professionnels.

Un patrimoine collectif protégé

Le syndicat de la race s'est félicité de cette décision, rappelant que « les races patrimoniales appartiennent avant tout à un patrimoine collectif vivant, construit et préservé par les éleveurs ». Les éleveurs avaient dénoncé l'appropriation du nom de leur race à des fins politiques, estimant que cela portait atteinte à l'image de leur production et à la réputation de la filière.

Cette affaire illustre une tendance plus large : la viande de porc est régulièrement instrumentalisée par la droite identitaire, que ce soit à travers le hashtag #jambonbeurre sur les réseaux sociaux ou l'organisation de « fêtes du cochon » par un parti d'extrême droite. Les magistrats ont jugé que la marque litigieuse ne pouvait être réservée à une seule entreprise, car elle renvoie directement à une race porcine qui est un bien commun des éleveurs de l'Ouest.

Des implications pour la filière porcine

La décision du tribunal judiciaire de Paris constitue un précédent important pour la protection des races locales contre les appropriations privées ou idéologiques. Les éleveurs de porcs blancs de l'Ouest, qui travaillent à la conservation de cette race menacée, espèrent que ce jugement dissuadera d'autres tentatives similaires. La société à l'origine de la marque va devoir choisir une nouvelle dénomination pour ses produits, sans référence directe à la race porcine.

Aucun appel n'a été annoncé à ce stade. Les éleveurs, de leur côté, entendent poursuivre leur action pour la reconnaissance et la protection de leur patrimoine génétique vivant.