Ferrari est différent des autres constructeurs automobiles, et ses lancements de produits le sont tout autant. Tant la marque est vénérée dans son Italie natale que parmi les premiers à prendre le volant de son premier véhicule électrique se trouvaient le président du pays et le pape. Pourtant, à en juger par les réactions négatives des investisseurs, de certains critiques et, inévitablement, d'une nuée de commentateurs en ligne, le constructeur de voitures de sport pourrait avoir besoin de l'aide d'une puissance supérieure pour reconquérir sa base de fans traditionnelle.
Un design qui divise
La Luce (prononcer "lou-tché", "lumière" en italien) est destinée aux super-riches, avec un prix de 550 000 euros (environ 476 000 livres sterling). Elle est équipée d'un moteur électrique pour chaque roue et peut passer de 0 à 100 km/h en 2,5 secondes. Mais le design, dirigé par l'ancien cadre d'Apple Jony Ive, s'est avéré controversé. Il est certainement différent de tout ce que Ferrari a fabriqué auparavant. La Luce est une berline à quatre portes, un format inédit pour la marque, qui a toujours privilégié les coupés et les spiders.
Comparaisons malheureuses
La controverse est telle que la Luce a subi des comparaisons défavorables avec la Nissan Leaf, une berline électrique grand public et bon marché. Cette analogie est perçue comme une insulte par les admirateurs de la marque au cheval cabré, qui voient dans la Luce une trahison de l'héritage de Ferrari, associé à des moteurs V12 rugissants et à des lignes de carrosserie sculpturales.
Réactions des puristes
Sur les réseaux sociaux et dans les forums de passionnés, les critiques fusent. Certains estiment que Ferrari perd son âme en se lançant dans l'électrique, tandis que d'autres déplorent le choix d'un design de berline, jugé trop proche des véhicules de luxe concurrents et pas assez exclusif. L'absence du son caractéristique du moteur thermique est également un sujet de discorde majeur pour les puristes.
Un pari industriel
Au-delà de l'aspect esthétique, ce lancement représente un virage stratégique majeur pour Ferrari. La marque, qui s'est toujours vantée de son expertise en matière de moteurs à combustion, doit désormais convaincre que son savoir-faire en matière de performance et de luxe peut s'appliquer à l'électrique. Le prix élevé de la Luce vise à maintenir l'exclusivité de la marque, mais il pourrait aussi limiter son adoption par une clientèle fortunée mais encore attachée aux valeurs traditionnelles de la firme de Maranello.
Un contexte de pression réglementaire
Ce virage électrique intervient alors que les réglementations environnementales en Europe et dans le monde se durcissent, poussant les constructeurs à réduire leurs émissions de CO2. Ferrari n'échappe pas à ces contraintes et doit étoffer sa gamme de véhicules à faibles émissions pour respecter les normes. La Luce est le premier pas de la marque dans cette direction, mais il reste à voir si cet effort sera récompensé par le marché.