Une équipe internationale de chercheurs vient de publier une révision majeure des scénarios d’émissions utilisés pour modéliser le réchauffement climatique. Pour la première fois, le scénario le plus extrême, connu sous le nom de RCP8.5, a été officiellement abandonné. Ce scénario, qui envisageait une forte hausse des émissions de gaz à effet de serre, était cité dans des milliers d’études depuis plus de dix ans. Ses auteurs estiment désormais qu’il est « invraisemblable » au vu des tendances énergétiques récentes.
Une révision attendue
Les scénarios climatiques sont mis à jour tous les sept ans environ. Dans cette nouvelle version, les chercheurs ont écarté le RCP8.5, qui prévoyait une augmentation rapide et continue des émissions de dioxyde de carbone tout au long du XXIe siècle. Les critiques de ce scénario soulignaient depuis longtemps son manque de réalisme, notamment parce qu’il supposait que les pays brûleraient du charbon à des niveaux absurdes. L’abandon de ce scénario a provoqué des débats animés dans la communauté scientifique et a même attiré l’attention de la Maison Blanche.
Le débat sur la surestimation des risques
Pour certains chercheurs, ce revirement était attendu depuis des années. Ils estiment que les études et les reportages qui se fondaient sur le RCP8.5 ont exagéré les risques du changement climatique. Selon eux, la persistance à utiliser ce scénario a pu fausser la perception du public et des décideurs. D’autres scientifiques, cependant, rappellent que même si le RCP8.5 est improbable, les scientifiques ne peuvent pas exclure un réchauffement extrême. Ils affirment que l’étude de scénarios à fortes émissions reste scientifiquement pertinente pour explorer les pires cas possibles, même si leur probabilité est faible.
Implications pour la recherche et les politiques
La disparition du RCP8.5 ne signifie pas que le réchauffement climatique n’est plus une menace. Les autres scénarios, plus modérés, prévoient toujours une hausse significative des températures si les émissions ne sont pas réduites rapidement. La controverse autour de ce scénario soulève toutefois des questions sur la manière dont la science climatique communique l’incertitude et les risques. Les climatologues devront désormais s’appuyer sur les nouveaux scénarios, qui reflètent mieux les tendances actuelles de la transition énergétique. Cette évolution pourrait également influencer les négociations internationales sur le climat, en rendant les projections plus crédibles aux yeux des sceptiques.