L'enseigne de vêtements pour enfants Okaïdi, filiale du groupe ID Group, a annoncé un projet de plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) prévoyant la suppression d'environ 300 postes en France, soit près d'un quart de ses effectifs dans l'Hexagone. Ce plan s'inscrit dans un contexte de difficultés persistantes pour le secteur du prêt-à-porter, confronté à une baisse de la consommation et à une concurrence accrue.

Selon les sources disponibles, le plan de restructuration concernerait principalement les fonctions support et les magasins. La direction de l'enseigne a évoqué la nécessité de s'adapter à un marché en profonde mutation, marqué par la montée en puissance du e-commerce et des nouvelles attentes des consommateurs. Okaïdi, qui compte environ 1 200 salariés en France, se dit contraint de réduire ses coûts pour garantir sa pérennité.

Des négociations à venir

La direction a indiqué avoir informé les représentants du personnel de ce projet, qui ouvre une période de négociations. Les syndicats, de leur côté, ont exprimé leur opposition à ce plan et entendent peser sur les discussions pour tenter d'en limiter l'impact social. Plusieurs organisations syndicales ont dénoncé un « plan d'économies drastique » qui, selon elles, mettrait en péril le modèle de l'enseigne.

Le groupe ID Group, qui possède également les marques Obaïbi et 1,2,3, avait déjà connu des difficultés par le passé. En 2020, il avait été contraint de fermer une partie de ses magasins et de supprimer des emplois. Ce nouveau plan illustre les fragilités structurelles du secteur du prêt-à-porter, touché de plein fouet par la crise du pouvoir d'achat et la montée des enseignes de fast-fashion.

Un secteur sous pression

Okaïdi n'est pas la seule marque à annoncer des suppressions de postes ces derniers mois. Le secteur du textile français est en proie à une vague de restructurations, avec des plans sociaux chez Camaïeu, Gap France ou encore Princesse tam.tam. Les enseignes doivent composer avec des coûts de production en hausse, une inflation qui freine la consommation et une concurrence internationale massive, notamment des acteurs asiatiques comme Shein.

Dans ce contexte, la direction d'Okaïdi assure vouloir engager une « transformation en profondeur » pour assurer l'avenir de la marque. Les prochaines semaines seront cruciales, avec l'ouverture des négociations entre la direction et les syndicats sur le contenu du plan de sauvegarde de l'emploi. Les modalités précises du plan (nombre de départs contraints, reclassements, fermetures de magasins) seront déterminées lors de ces discussions.

Des salariés inquiets

Du côté des salariés, l'annonce a provoqué une vive inquiétude. Dans plusieurs magasins, l'ambiance est décrite comme « lourde » par des sources syndicales. Les employés craignent pour leur emploi, dans un secteur où les reclassements sont souvent difficiles. Les représentants du personnel réclament des garanties sur les mesures d'accompagnement et les possibilités de reclassement interne.

La direction a indiqué qu'elle mettrait en place des mesures d'accompagnement pour les salariés concernés, sans en préciser le détail à ce stade. Les pouvoirs publics, via les services de la Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS), seront associés à la procédure de validation du PSE.