Le gouvernement devrait annoncer jeudi un relèvement significatif de la « prime carburant », une aide facultative que les employeurs peuvent verser à leurs salariés pour les trajets domicile-travail. Selon des informations concordantes recueillies auprès de sources proches des arbitrages, le plafond de cette prime, aujourd’hui fixé à 300 euros par an, serait porté à 600 euros.

Cette mesure s’inscrit dans le cadre des nouvelles aides destinées à atténuer l’impact de la hausse des carburants, qui s’est accélérée depuis l’escalade du conflit en Iran. Les prix à la pompe ont atteint des niveaux records ces dernières semaines, pesant lourdement sur le budget des ménages, en particulier ceux qui dépendent de leur véhicule pour se rendre au travail.

Une réunion décisive à Matignon Les arbitrages finaux devaient être tranchés lors d’une réunion ministérielle présidée par Sébastien Lecornu, ministre de l’Économie et des Finances, en milieu d’après-midi. La piste privilégiée est celle d’un doublement pur et simple du montant maximum de la prime, sans modification de ses conditions d’éligibilité.

Actuellement, cette prime, défiscalisée et exonérée de cotisations sociales, peut être accordée par tout employeur à ses salariés en CDI, CDD, à temps partiel, intérimaires, apprentis ou stagiaires, à condition qu’ils ne soient pas desservis par les transports en commun pour leur trajet domicile-travail. Son versement reste facultatif : l’employeur décide librement de l’attribuer ou non, ainsi que de son montant dans la limite du plafond.

Un mécanisme déjà utilisé par le passé Le dispositif avait déjà été revalorisé en 2022 lors de la précédente crise énergétique, passant de 200 à 300 euros. Il avait alors été salué par les partenaires sociaux comme un outil efficace et ciblé, car il permet d’aider directement les salariés sans alourdir les charges des entreprises.

En portant le plafond à 600 euros, le gouvernement entend répondre à la fois à la pression sociale et à la nécessité de ne pas creuser le déficit public par des aides budgétaires directes. Le coût de cette mesure pour les finances publiques serait limité, puisque la prise en charge est supportée par les employeurs, même si l’exonération de cotisations et d’impôt représente un manque à gagner pour l’État.

Un contexte économique tendu Cette annonce intervient alors que la France subit de plein fouet la flambée des prix du pétrole, conséquence des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le baril de brent a dépassé les 130 dollars récemment, et les carburants à la pompe ont augmenté de plus de 20 % en quelques semaines. Le gouvernement a déjà mobilisé plusieurs leviers, dont une baisse temporaire des taxes sur les carburants, une aide aux transporteurs routiers et un chèque énergie exceptionnel.

La prime carburant employeur, qui vient compléter ces dispositifs, est particulièrement appréciée des petites et moyennes entreprises, car elle leur permet de soutenir leurs salariés sans contrainte administrative lourde. Les syndicats, de leur côté, réclament depuis plusieurs semaines un renforcement de cette aide.

Des précisions attendues en fin de journée L’exécutif doit communiquer officiellement les détails de la mesure lors d’une conférence de presse prévue en fin d’après-midi. Il pourrait également préciser les modalités de mise en œuvre, notamment la date d’entrée en vigueur et la durée de validité de ce nouveau plafond. Selon les mêmes sources, le doublement serait applicable de manière rétroactive pour les versements effectués depuis le début de l’année 2026.

Cette décision, si elle est confirmée, marque une nouvelle étape dans la réponse gouvernementale à la crise énergétique, après plusieurs mois de tensions sur les marchés pétroliers. Elle devrait bénéficier à plusieurs millions de salariés contraints d’utiliser leur voiture pour se rendre au travail.