Une coalition de 43 associations, regroupant des acteurs de la lutte contre la précarité, des associations de malades, des professionnels de santé et des défenseurs de la santé environnementale, a interpellé le gouvernement français le 26 mai. Dans un communiqué commun, elles pressent le Premier ministre, Sébastien Lecornu, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, et la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, de « protéger la santé des citoyennes et citoyens en encadrant les aliments ultratransformés ».
Les organisations, réunies par Foodwatch, Yuka et France Assos Santé, réclament une réponse politique forte pour informer et protéger la population, en particulier les plus vulnérables comme les enfants. « Nous connaissons les risques. Des parlementaires de tous bords politiques ont déjà mis sur la table plusieurs propositions législatives pour encadrer les aliments ultratransformés. C’est maintenant au tour du pouvoir exécutif d’agir pour nous protéger », déclarent-elles. Elles ajoutent que « la santé publique doit prévaloir sur la protection des intérêts économiques de l’industrie agroalimentaire ».
Cette mobilisation fait suite au lancement en avril d'une pétition, cosignée par les mêmes associations, visant à « encadrer leur publicité et mettre en place un étiquetage clair sur la face avant de ces produits ». Selon les informations disponibles, cette pétition a recueilli plus de 130 000 signatures.
Un enjeu de santé publique majeur
Les données citées par les associations mettent en lumière l'ampleur du phénomène. Les aliments ultratransformés représenteraient 80 % de l'offre de produits alimentaires dans la grande distribution, d'après une étude de référence. Une enquête menée dans huit pays entre 2023 et 2024 suggère que ces produits seraient responsables de 4 % des morts prématurées en Colombie et jusqu'à 14 % aux États-Unis et au Royaume-Uni, toutes causes confondues.
Face à ces constats, les associations demandent des mesures concrètes : un étiquetage obligatoire et visible sur les emballages, ainsi qu'une régulation de la publicité pour ces produits, notamment auprès des enfants. Elles estiment que le cadre actuel est insuffisant pour protéger les consommateurs face à des méthodes de marketing agressives comparées à celles de l'industrie du tabac.
Des précédents législatifs mais une attente d'exécutif
Plusieurs propositions de loi avaient déjà été déposées au Parlement ces dernières années, sans aboutir à une adoption définitive. Les associations jugent désormais que l'action du gouvernement est urgente et nécessaire. La pression s'accroît alors que les études scientifiques continuent de documenter les liens entre consommation d'aliments ultratransformés et augmentation des risques de maladies chroniques, d'obésité et de mortalité prématurée.
Le collectif, qui rassemble des organisations d'horizons divers, entend peser sur l'agenda politique pour que des mesures réglementaires soient prises rapidement. Les signataires soulignent que les citoyens sont en droit d'être informés de manière claire et transparente sur la composition des produits qu'ils achètent, et que des actions doivent être engagées sans délai.