Dans un billet de blog publié le 26 mai 2026, le développeur et consultant Jake Worth met en garde les équipes techniques contre les dangers d'une mise en cache hâtive. Sous le titre « Avoid Hasty Caching » (Éviter la mise en cache hâtive), il détaille trois raisons principales pour lesquelles cette pratique souvent vue comme une solution miracle peut en réalité introduire des problèmes complexes.
Application trop précoce
Le premier écueil identifié est que la mise en cache est souvent déployée trop tôt dans le cycle de développement. Jake Worth recommande d'explorer d'autres alternatives avant d'y recourir. À titre d'exemple, il évoque un système de gestion de commandes dont la requête pour récupérer l'ensemble des ordres serait lente. Avant de songer à un cache, il préconise de se poser plusieurs questions : la requête est-elle optimisée à tous les niveaux — frontal, couche API et couche de données ? Ne serait-il pas possible d'appliquer un filtre par défaut, par exemple en n'affichant que les commandes récentes plutôt que la totalité ? Enfin, des solutions de chargement paresseux (lazy loading) côté client ou de pagination côté serveur pourraient-elles résoudre le problème ? L'auteur estime que, dans de nombreuses équipes, la mise en cache est implémentée avant même d'avoir exploré ces pistes. Pour lui, il est essentiel de rendre la question posée aussi efficace que possible avant d'optimiser la fréquence à laquelle cette question est posée.
Un effet de pente glissante
Le second problème est celui de la « pente glissante » : une fois qu'un premier cache est en place, il devient tentant d'en ajouter un autre. Jake Worth reprend son exemple : après avoir mis en cache une première API, l'équipe, confrontée à une nouvelle page affichant la liste des clients, sera naturellement portée à appliquer la même solution. Le développeur dénonce un réflexe qui peut ne pas reposer sur une décision raisonnée, mais sur une simple copie de code ou une habitude. Il appelle à ce que chaque nouvel ajout de cache fasse l'objet d'une discussion ouverte sur ses mérites et sa complexité, en partant de principes fondamentaux.
Une mise en œuvre difficile
La troisième et dernière mise en garde concerne la difficulté inhérente à la mise en cache. Jake Worth rappelle la célèbre citation de Phil Karlton, selon laquelle l'invalidation de cache est l'un des deux problèmes difficiles en informatique. Il souligne que la mise en cache ajoute une complexité supplémentaire qu'il convient d'inviter avec précaution dans une base de code. Reprenant l'exemple de l'application de gestion des commandes, il imagine un problème de sécurité : une page fuit des informations personnelles identifiables (PII). Sans cache, il suffit de corriger le problème et de forcer un rechargement de page pour tous les clients. Avec un cache, il faut s'assurer d'invalider tous les caches, à tous les niveaux (données, API, frontal), tout en maintenant l'intégrité des données et une expérience utilisateur décente. Au-delà des failles de sécurité, la mise en cache peut être un vecteur de bugs sournois, difficiles à trouver et à reproduire, et peut nuire à l'expérience utilisateur si les données ne sont pas actualisées aussi souvent que les usagers le souhaiteraient.
En conclusion, Jake Worth estime que, bien que la mise en cache soit une pratique répandue et acceptée, un outil peut être « extrêmement rapide » et pourtant ne pas convenir à une équipe à un moment donné. Il rappelle qu'il faut parfois mettre en cache, mais qu'il faut s'assurer que cela ne soit pas fait trop tôt, que la pratique ne se propage pas de manière incontrôlée dans la base de code et que l'on s'efforce de le faire correctement. Il résume sa position ainsi : « Mettez en cache — quand vous avez épuisé les autres options et accepté les compromis. »