Trois personnes ont perdu la vie à bord du paquebot « Hondius », qui naviguait entre l’Argentine et le Cap-Vert, dans l’océan Atlantique. Selon les autorités sanitaires, il s’agit d’un couple néerlandais et d’une femme allemande. Un autre passager âgé de 69 ans, chez qui le virus a été confirmé, est actuellement hospitalisé en soins intensifs en Afrique du Sud. Plusieurs membres d’équipage sont également gravement malades.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recense huit cas de hantavirus liés à cet incident, dont trois ont été confirmés par des analyses de laboratoire. La souche andine (Andes virus) a été formellement identifiée chez la femme néerlandaise décédée et chez le patient traité en Afrique du Sud. Le bureau régional de l’OMS pour l’Europe a publié un communiqué dans lequel il estime que « le risque pour le grand public reste faible » et qu’il n’y a « aucune raison de paniquer ni de restreindre les voyages ».
Qu’est-ce que le hantavirus ?
Le hantavirus est une maladie zoonotique : il se transmet habituellement des animaux aux humains. Les hôtes naturels du virus sont principalement différentes espèces de souris et de rats, même si le virus a aussi été détecté chez des musaraignes, des taupes et des chauves-souris. Les animaux infectés excrètent le virus dans leur salive, leur urine et leurs excréments.
La contamination humaine survient le plus souvent par inhalation de poussières contaminées, par exemple lorsque des déjections séchées ou des matériaux de nidification sont mis en suspension dans l’air. L’infection peut aussi se produire par ingestion de particules contaminées ou par contact des yeux ou du nez après avoir touché une surface souillée. Le virus peut survivre plusieurs semaines dans l’environnement. Une morsure par un rongeur infecté est une autre voie de transmission, mais elle est plus rare. Un contact direct avec l’animal n’est pas nécessaire.
La souche andine : une exception inquiétante
La souche andine, qui circule au Chili et en Argentine – où les passagers du paquebot auraient été infectés –, est la seule variété de hantavirus connue pour être capable de se transmettre d’être humain à être humain. Cette transmission nécessite toutefois un contact prolongé et rapproché. Cette souche présente également un taux de mortalité plus élevé que la plupart des autres.
Quels sont les symptômes ?
La gravité de la maladie dépend de la souche virale en cause. Les souches présentes en Europe et en Asie provoquent généralement un syndrome grippal avec une forte fièvre durant trois à quatre jours (au-dessus de 38 °C), accompagnée de maux de tête, de douleurs abdominales et dorsales. Chez certains patients, l’infection reste asymptomatique. Dans les cas plus graves, la maladie peut évoluer vers une fièvre hémorragique avec syndrome rénal, entraînant une chute de la pression artérielle et une dysfonction rénale, pouvant aller jusqu’à une insuffisance rénale aiguë. Selon une revue publiée en 2023 dans la revue scientifique « The Lancet », le taux de létalité de cette forme varie de moins de 1 % à 15 % selon la souche.
Les souches nord et sud-américaines, dont fait partie la souche andine, peuvent déclencher un syndrome pulmonaire : du liquide s’accumule dans les poumons, la pression artérielle chute et une détresse respiratoire sévère peut se développer.
Un traitement existe-t-il ?
Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique ni de vaccin contre le hantavirus. La prise en charge repose sur des soins de soutien, notamment l’oxygénothérapie et, dans les cas graves, la ventilation mécanique. Une détection précoce et une hospitalisation rapide améliorent les chances de survie.
Comment prévenir l’infection ?
La prévention consiste à éviter tout contact avec les rongeurs et leurs excréments. Il est recommandé de ne pas balayer à sec les zones infestées, mais de les humidifier avant le nettoyage pour éviter de soulever des poussières contaminées. Le port de gants et d’un masque est conseillé lors du nettoyage de greniers, garages ou cabanons. En extérieur, il faut éviter de soulever la poussière dans les zones où des rongeurs peuvent avoir vécu.
Que sait-on de l’incident du « Hondius » ?
Le navire, exploité par la compagnie néerlandaise Oceanwide Expeditions, transportait 149 passagers et membres d’équipage. Les autorités sanitaires enquêtent encore pour déterminer comment et où exactement les voyageurs ont été infectés. L’hypothèse privilégiée est une contamination survenue en Argentine, où la souche andine est endémique.
L’OMS et les autorités des pays concernés suivent la situation de près, mais aucun cas secondaire lié à une transmission interhumaine à partir de ce foyer n’a été signalé à ce stade.