Ils se déguisent en chien, en chat ou en renard, portent un masque et une petite queue, et adoptent les comportements de l’animal auquel ils disent se rattacher spirituellement, physiquement ou psychologiquement. Sur les réseaux sociaux, ces adolescents et jeunes adultes se font appeler les « Thérians ». Le hashtag qui les rassemble cumule plus de deux millions de vidéos, notamment sur TikTok.
Le phénomène, qui prend de l’ampleur sur Internet, s’observe dans plusieurs pays. Face à cette tendance, l’ordre des médecins vétérinaires du Portugal a décidé d’intervenir. Dans une prise de position, l’instance a précisé que « le vétérinaire, face à un thérianthrope, doit refuser d’effectuer des actes de diagnostic, de prescription et de traitement des maladies ». Cette réaction vise à éviter toute confusion entre une identité revendiquée par ces jeunes et un véritable besoin médical animal.
Qui sont les Thérians ? Le terme « Thérians » est issu de « thérianthropie », qui désigne la capacité mythologique ou spirituelle d’un être humain à se transformer en animal. Dans le contexte contemporain, il s’agit de personnes, souvent très jeunes, qui affirment ressentir un lien identitaire profond avec une espèce animale spécifique. Ce lien peut être décrit comme spirituel, psychologique ou même physique. Les adeptes reproduisent alors des comportements typiques de leur animal de prédilection : aboyer, miauler, se déplacer à quatre pattes, ou encore adopter des postures et des sons spécifiques.
Un phénomène mondial amplifié par les réseaux sociaux Les vidéos mettant en scène des Thérians se multiplient sur les plateformes comme TikTok. Les jeunes y partagent leurs routines, leurs tenues et leurs interactions, contribuant à une diffusion rapide de cette mode. Le phénomène n’est pas limité à un pays : des témoignages et des images circulent depuis l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie. Au Portugal, l’intervention de l’ordre des vétérinaires témoigne de la visibilité locale acquise par le mouvement.
Réactions et implications La prise de position portugaise soulève des questions sur la frontière entre l’expression identitaire et la santé animale. En refusant de traiter un thérianthrope comme un patient animal, les vétérinaires entendent protéger leur pratique des demandes qui pourraient relever d’une dimension symbolique ou psychologique plutôt que médicale. Cette réaction pourrait faire jurisprudence dans d’autres pays où le mouvement gagne en visibilité. Pour l’heure, aucun autre organisme professionnel n’a officiellement communiqué sur le sujet.