Radio Nova, historiquement associée à la découverte musicale et à un ton décalé, revendique désormais un rôle actif dans ce que ses équipes présentent comme une « bataille culturelle » face à l'extrême droite. Sa grille, ponctuée de chroniques humoristiques acides, cible régulièrement les figures du Rassemblement national et de la droite radicale. Ce positionnement, loin de passer inaperçu, génère à la fois une croissance d'audience et des controverses répétées.

Le média, qui a bâti sa réputation sur un éclectisme musical allant de la soul au hip-hop en passant par les musiques africaines, a accentué depuis plusieurs années son ton politique. Les pastilles humoristiques diffusées en journée et en matinale tournent en dérision les propositions et les figures de l'extrême droite, avec un humour souvent qualifié de corrosif ou d'irrévérencieux. Cette ligne éditoriale assumée a attiré un public jeune, sensible aux engagements antiracistes et antifascistes, et a contribué à gonfler les audiences de la station.

Mais cette orientation a aussi valu à Radio Nova des accusations de partialité et de manque de neutralité journalistique. Plusieurs chroniques ont été critiquées pour leur ton jugé trop virulent, et la station a dû faire face à des plaintes de personnalités politiques s'estimant diffamées ou caricaturées. Les polémiques, amplifiées sur les réseaux sociaux, n'ont pas entamé la fidélité de son public, mais ont relancé le débat sur la place de l'humour militant dans les médias.

Pour ses dirigeants, cet engagement est une réponse à la normalisation de l'extrême droite dans le paysage politique français. Ils estiment que le rire et la satire sont des armes légitimes contre des idées qu'ils jugent dangereuses. Les détracteurs y voient en revanche un parti pris qui confondrait divertissement et propagande. Dans un contexte où la question de la liberté d'expression et des limites de l'humour est régulièrement posée, Radio Nova incarne un cas d'école. Son succès commercial, porté par des annonceurs sensibles à son auditoire qualifié, démontre en tout cas que ce pari éditorial trouve un écho certain dans une partie du public.