Alerte maximale de l’OMS

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a averti que la République démocratique du Congo (RDC) connaît une « collision catastrophique » entre la maladie et le conflit. Dans un message publié mercredi, il a souligné que l’épidémie d’Ebola dans la province de l’Ituri « dépasse la réponse » des autorités sanitaires.

Un bilan déjà lourd

Depuis la déclaration de l’épidémie par les autorités congolaises le 15 mai, l’OMS a enregistré au moins dix décès confirmés dus à Ebola et 220 décès suspects dans le pays. Au total, 900 cas suspects ont été recensés. L’organisation estime que la propagation réelle du virus est probablement beaucoup plus large.

Une souche sans vaccin ni traitement

Tedros a précisé que la souche Bundibugyo du virus Ebola, qui sévit actuellement en RDC, ne dispose « d’aucun vaccin ni traitement approuvé ». « Stopper cette transmission d’Ebola dépend entièrement de l’accès humanitaire », a-t-il insisté.

L’insécurité, principal obstacle

La situation sécuritaire dans l’est de la RDC, en proie à l’activité de nombreux groupes armés depuis trois décennies, constitue un obstacle majeur à la riposte. Les services de l’État dans les zones rurales de l’Ituri sont largement absents depuis des décennies. « Les affrontements en cours provoquent des déplacements massifs, poussent les contacts exposés dans des camps surpeuplés et coupent les couloirs essentiels de confinement », a expliqué le chef de l’OMS.

Des soignants en première ligne

« Les travailleurs de première ligne risquent tout, tandis que les attaques contre les installations de santé rendent presque impossible le suivi des cas et de leurs contacts », a-t-il ajouté. « Nous ne pouvons pas gagner la confiance des communautés ni isoler les malades alors que les bombes tombent », a plaidé Tedros.

Appel à un cessez-le-feu immédiat

Le directeur général de l’OMS a exhorté « toutes les parties belligérantes à accepter un cessez-le-feu immédiat pour contenir cette épidémie », afin de permettre un accès sûr et durable aux équipes médicales. « Nous demandons de placer la survie humaine au-dessus de tout le reste », a-t-il déclaré.

Risque régional et surveillance mondiale

Par ailleurs, les autorités sanitaires ont averti que l’épidémie continue de se propager dans certaines parties de l’Afrique. Selon les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), dix pays sont exposés à un risque de propagation d’Ebola : le Rwanda, le Kenya, la Tanzanie, l’Angola, le Burundi, la République centrafricaine, la République du Congo, l’Éthiopie, le Soudan du Sud et la Zambie. L’OMS a également indiqué que, bien que le risque de propagation mondiale reste faible, la situation est étroitement surveillée en raison du nombre de cas, des infections parmi les personnels de santé et des foyers épidémiques en zones urbaines.