Le Royaume-Uni et plusieurs pays européens ont enregistré des températures record pour un mois de mai, un phénomène qualifié de « stupéfiant » par les experts climatiques. Les données préliminaires montrent que ce printemps a été le plus chaud jamais enregistré dans certaines régions, avec des écarts thermiques significatifs par rapport aux normales saisonnières.

En Irlande, le Met Éireann a confirmé que le printemps 2025 (mars, avril, mai) a été le plus chaud depuis le début des relevés en 1900. La température moyenne saisonnière a atteint 10,5 °C, soit 1,5 °C au-dessus de la normale. Le mois de mai a également été le plus chaud jamais enregistré en Irlande, avec une température moyenne de 13,7 °C, dépassant le précédent record de 13,5 °C établi en 2008. Des stations météorologiques comme celle de Phoenix Park à Dublin ont enregistré une température maximale de 26,1 °C début mai, soit près de 6 °C au-dessus de la moyenne mensuelle.

Au Royaume-Uni, le Met Office a indiqué que la température moyenne pour le mois de mai a été de 13,4 °C, battant le précédent record de 13,1 °C établi en 2008. Cette moyenne est supérieure de 2,2 °C à la normale saisonnière. L'Angleterre a connu son mois de mai le plus chaud, avec une température moyenne de 14,5 °C, tandis que le Pays de Galles (13,5 °C) et l'Irlande du Nord (13,4 °C) ont également établi de nouveaux records. L'Écosse a enregistré son troisième mois de mai le plus chaud avec 12,2 °C.

La France a également connu son printemps le plus chaud jamais enregistré. Météo-France a rapporté que la température moyenne pour les mois de mars, avril et mai a été de 13,8 °C, soit 1,5 °C au-dessus de la normale 1991-2020. Cela dépasse le précédent record de 13,5 °C établi en 2011. Le mois de mai a été particulièrement chaud, avec des températures maximales atteignant 32,4 °C à Paris le 20 mai et 35,7 °C à Bordeaux le 21 mai.

En Belgique, l'Institut royal météorologique a confirmé que le printemps 2025 a été le plus chaud depuis le début des mesures en 1833. La température moyenne saisonnière a été de 11,8 °C, soit 1,5 °C au-dessus de la normale. Le mois de mai a été le deuxième plus chaud jamais enregistré dans le pays, avec une température moyenne de 14,8 °C.

Des conséquences multiples

Ces températures record ont eu des impacts visibles sur l'environnement. En Irlande, le Met Éireann a signalé une augmentation significative des incendies de forêt et de végétation, attribuée à la sécheresse printanière. Les précipitations ont été inférieures à la moyenne dans une grande partie du pays, avec seulement 70 % des précipitations normales reçues au cours du printemps.

Au Royaume-Uni, le Met Office a noté que les températures élevées ont accéléré la fonte des neiges dans les Highlands écossais et ont entraîné une floraison précoce des plantes. Les autorités sanitaires ont émis des avertissements concernant les risques de coup de chaleur et de déshydratation, en particulier pour les personnes âgées et les enfants.

En France, la canicule précoce a entraîné des restrictions d'eau dans plusieurs départements, notamment dans le sud-ouest et la vallée du Rhône. Les agriculteurs ont signalé des pertes de récoltes en raison du manque d'eau et des températures élevées, en particulier pour les cultures de fruits et légumes.

Un phénomène lié au changement climatique

Les scientifiques attribuent ces températures record au réchauffement climatique d'origine humaine. Un climatologue du Met Office a déclaré que « ces températures exceptionnelles sont rendues beaucoup plus probables par le changement climatique. Sans le réchauffement global, la probabilité d'un mois de mai aussi chaud serait extrêmement faible. »

Les experts soulignent que ces records ne sont pas isolés. L'Europe a connu une série de vagues de chaleur ces dernières années, avec des températures estivales dépassant régulièrement les 40 °C dans plusieurs pays. Le printemps 2025 s'inscrit dans une tendance de long terme de réchauffement accéléré, avec des conséquences potentielles sur la santé publique, l'agriculture et la biodiversité.

Des appels à l'action

Face à ces événements climatiques extrêmes, plusieurs organisations environnementales et scientifiques ont appelé à une action urgente pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a rappelé que chaque fraction de degré de réchauffement supplémentaire augmente la fréquence et l'intensité des phénomènes météorologiques extrêmes.

Le Met Office a également souligné que les records de température continueront d'être battus tant que les émissions de gaz à effet de serre ne seront pas réduites de manière significative. "Nous devons nous préparer à des étés plus chauds et à des événements météorologiques extrêmes plus fréquents", a averti un porte-parole.

En attendant, les gouvernements européens ont commencé à mettre en œuvre des plans d'adaptation, notamment des systèmes d'alerte précoce pour les vagues de chaleur et des mesures de gestion de l'eau.