L’intelligence artificielle s’invite progressivement dans les processus de recrutement, sans pour autant devenir la norme. D’après deux études publiées par l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), la proportion d’entreprises de taille intermédiaire et de grandes entreprises ayant utilisé des outils d’IA pour recruter au moins un cadre au cours des douze derniers mois a atteint 13 % en 2025, soit le double de l’année précédente. Dans les PME, la progression est comparable, passant de 4 % à 7 % sur la même période.

Des usages encore ciblés Les directions des ressources humaines mobilisent l’IA principalement pour la rédaction des offres d’emploi, mais aussi pour l’identification de candidatures pertinentes ou l’évaluation de compétences spécifiques. L’étude souligne que, quel que soit l’effectif de l’entreprise, la part de celles qui n’utilisent pas du tout l’IA dans leurs recrutements a diminué, confirmant un mouvement de fond.

Un décalage entre employeurs et candidats Les candidats semblent avoir pris une longueur d’avance dans l’adoption de ces technologies. L’enquête de l’Apec indique que les cadres en recherche d’emploi ont massivement recours à ChatGPT et à d’autres outils génératifs pour rédiger leurs lettres de motivation, adapter leur CV ou se préparer aux entretiens. Ce déséquilibre pose la question de l’adaptation des pratiques RH face à des candidats de mieux en mieux outillés.

Une tendance appelée à se renforcer Si le recours à l’IA dans le recrutement reste minoritaire, la dynamique observée depuis un an suggère une adoption croissante. Les experts anticipent une généralisation progressive, notamment pour les tâches répétitives de tri de CV ou de présélection. Les enjeux éthiques et de non‑discrimination liés à l’utilisation d’algorithmes dans le recrutement restent toutefois un sujet de vigilance pour les professionnels des RH.