Les premiers jours de l’édition 2025 de Roland-Garros ont été marqués par une chaleur accablante, transformant les courts en véritables fournaises. Joueurs, ramasseurs de balles et spectateurs ont subi les effets d’un thermomètre grimpant jusqu’à 35 degrés Celsius, une température ressentie bien plus élevée sur la terre battue. Si la direction du tournoi a mis en place des mesures d’adaptation, le protocole spécifique pour conditions extrêmes n’a pas été activé, faute d’avoir atteint les seuils réglementaires.
Des conditions physiques limites
Sur le court, les joueurs ont exprimé leur difficulté à évoluer dans cette touffeur. Le Russe Roman Safiullin, opposé au Français Gaël Monfils, a confié avoir eu «les jambes flageolantes et du mal à voir la balle». Un témoignage qui illustre l’épreuve que représente un match de tennis disputé sous une chaleur intense, où la concentration et les efforts physiques sont décuplés. Le Bulgare Grigor Dimitrov a également évoqué la sensation d’étouffer sur le court. La chaleur n’a pas seulement affecté les joueurs. Les ramasseurs de balles, postés en plein soleil, ont été contraints de changer de place régulièrement, et nombre de spectateurs ont cherché l’ombre des allées du stade.
Un protocole existant mais non déclenché
Un protocole «chaleur» existe pour la première fois cette année à Roland-Garros. Selon les informations disponibles, il prévoit une série de mesures graduées : pauses supplémentaires de dix minutes entre les sets, temps de repos allongé, possibilité de décaler ou d’interrompre une partie sur décision de l’arbitre, ou encore accès à de la glace et à des serviettes rafraîchissantes. Ce protocole est activé lorsque la température dépasse un certain seuil, mesuré à l’aide d’un indice de stress thermique. Mardi, lors de la deuxième journée du tournoi, ce seuil n’a pas été atteint, malgré les fortes chaleurs ressenties. La direction a donc estimé que les conditions restaient dans une fourchette «normale» pour un tournoi du Grand Chelem.
Des mesures de rafraîchissement déployées
En l’absence de déclenchement du protocole, les organisateurs ont tout de même pris des dispositions pour atténuer l’inconfort. Des brumisateurs ont été installés dans les allées et près des cours. Des points d’eau supplémentaires ont été mis à disposition des spectateurs, et le personnel soignant a été renforcé. Les joueurs ont également eu recours à des techniques personnelles pour lutter contre la chaleur : serviettes glacées, pauses stratégiques, changement de maillot. Certains, comme l’Américaine Danielle Collins, ont critiqué le fait que le protocole ne soit pas automatique et qu’il repose sur une mesure qui ne reflète pas forcément les conditions sur le terrain, où la chaleur est plus intense qu’à l’ombre.
Un enjeu pour la suite du tournoi
La question des conditions de jeu dans la chaleur n’est pas nouvelle à Roland-Garros, mais elle se pose avec une acuité particulière dans un contexte de réchauffement climatique. Les températures élevées lors des premières journées ont relancé le débat sur l’adaptation des tournois du Grand Chelem à des épisodes caniculaires plus fréquents. Pour l’heure, la compétition se poursuit, avec l’espoir que les conditions météorologiques s’adoucissent dans les jours à venir. La décision de ne pas activer le protocole, bien que contestée par certains joueurs, a été justifiée par le respect des critères établis par une cellule de veille composée de médecins et de responsables du tournoi.