Des professionnels de santé dangereux ont échappé à l'interdiction d'exercer
Le Nursing and Midwifery Council (NMC), l'organisme de régulation des infirmières et sages-femmes au Royaume-Uni, a admis que des défaillances « potentiellement dangereuses » ont permis à environ quinze professionnels de santé qui auraient dû être bannis à vie de continuer à exercer. Selon des informations exclusives, l'instance a reconnu que ses propres erreurs, qualifiées de « complètement et totalement inacceptables », ont conduit à une absence de vérifications sur des professionnels ayant enfreint la loi.
Ces professionnels, qui avaient été condamnés ou sanctionnés pour des infractions graves, auraient dû faire l'objet d'une radiation définitive du registre. Or, en raison de manquements dans les procédures de contrôle, ils ont pu continuer à travailler auprès de patients pendant les douze dernières années. Le NMC n'a pas effectué les vérifications nécessaires après que ces personnes ont été reconnues coupables d'actes illégaux.
Une faille systémique dans le contrôle des antécédents
Le régulateur britannique, qui supervise plus de 750 000 infirmières et sages-femmes, a expliqué que le problème provenait d'un défaut de suivi automatisé des décisions de justice et des condamnations. Lorsque des professionnels de santé sont condamnés pour des infractions pénales (vol, agression, fraude, etc.), le NMC devrait être automatiquement alerté et ouvrir une procédure disciplinaire pouvant mener à une radiation. Mais dans les cas révélés, ce mécanisme n'a pas fonctionné, et aucune enquête n'a été lancée.
Le NMC a indiqué avoir identifié rétroactivement ces cas lors d'un audit interne. L'organisme a présenté ses excuses et a promis de renforcer ses systèmes de surveillance. Il n'a pas précisé si les quinze professionnels concernés exercent encore aujourd'hui, ni dans quelles structures ils ont travaillé pendant cette période.
Des conséquences potentiellement graves pour les patients
Cette faille soulève des inquiétudes majeures sur la sécurité des soins au Royaume-Uni. Les patients soignés par ces infirmières ou sages-femmes n'avaient aucun moyen de savoir que leur soignant avait un casier judiciaire ou aurait dû être radié. Des associations de défense des patients ont dénoncé un manquement « scandaleux » à la mission de protection du public confiée au NMC.
L'ampleur exacte du problème reste difficile à mesurer. Le NMC n'a communiqué aucun détail sur la nature des infractions commises par ces professionnels, ni sur le nombre exact de patients potentiellement exposés à un risque. L'instance a toutefois promis de contacter directement toutes les personnes concernées et de mettre en place des mesures correctives immédiates.
Des antécédents de critiques envers le NMC
Ce n'est pas la première fois que le fonctionnement du NMC est remis en cause. Ces dernières années, l'organisme a été critiqué pour la lenteur de ses procédures disciplinaires et son manque de transparence. Des rapports parlementaires avaient déjà pointé des défaillances dans la gestion des plaintes et des signalements. Cette nouvelle révélation risque d'aggraver la défiance envers le régulateur.
Le gouvernement britannique n'a pas encore réagi officiellement à ces informations. Il est possible que des auditions parlementaires soient demandées pour faire la lumière sur l'étendue des négligences et sur les responsabilités au sein de la direction du NMC.