Vieillir en bonne santé : une responsabilité individuelle à 80 %
Des chercheurs et biologistes associés à l'université d'Oxford ont présenté, lors du sommet « Vieillir intelligemment » organisé dans la ville britannique, un rapport intitulé Living Longer, Better (« Vivre mieux et plus longtemps »). Ce document affirme que la génétique n'explique qu'une part limitée de la manière dont chacun vieillit. Selon les auteurs, les individus seraient responsables à 80 % de leur mauvaise santé en prenant de l'âge, tandis que les gènes ne compteraient que pour 20 %.
Le rapport pointe plusieurs facteurs liés au mode de vie moderne : sédentarité, isolement social, manque d'activité physique, alimentation industrielle riche en sucres et produits ultra-transformés, pollution, ou encore excès d'alcool et de tabac. Les auteurs estiment que le corps humain se serait mal adapté à cet environnement contemporain, aggravant les problèmes de santé liés à l'âge.
S-MEDS : cinq piliers pour une longévité en bonne santé
Face à ce constat, les chercheurs proposent une méthode structurée autour d'un acronyme simple : S-MEDS. Chaque lettre correspond à un domaine clé à renforcer :
- S pour Sleep (sommeil) : avoir un sommeil de qualité et en quantité suffisante.
- M pour Mindset (état d'esprit) : cultiver une attitude positive face aux défis de l'âge.
- E pour Exercise (exercice physique) : pratiquer une activité physique régulière.
- D pour Diet (alimentation) : privilégier une nourriture peu transformée, riche en nutriments.
- S pour Stress reduction (réduction du stress) : apprendre à gérer les tensions quotidiennes.
L'un des principaux auteurs du rapport, le biologiste Denis Noble, explique que ces cinq leviers peuvent modifier l'expression des gènes, ouvrant ainsi la voie à un vieillissement en meilleure santé indépendamment du patrimoine génétique initial.
Des limites reconnues : le poids de l'environnement et des inégalités
Si le rapport met l'accent sur les choix personnels, il ne néglige pas les déterminants externes. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle régulièrement que la situation socio-économique et l'environnement jouent également un rôle majeur dans la santé des populations. Dans le même esprit, Steven Woolf, professeur de santé publique en Virginie (États-Unis), souligne qu'« il y a des facteurs qui affectent la santé et qui vont au-delà des choix personnels ».
Ainsi, la méthode S-MEDS, bien que prometteuse sur le plan individuel, ne doit pas occulter la nécessité d'actions collectives pour réduire les inégalités sociales et environnementales qui pèsent aussi sur la longévité.
Une approche complémentaire et accessible
Ce n'est pas la première fois que des chercheurs mettent en avant l'importance du mode de vie pour bien vieillir, mais le rapport d'Oxford a le mérite de condenser en un acronyme facilement mémorisable des recommandations déjà largement diffusées. L'originalité réside dans l'affirmation que 80 % de la santé en vieillissant dépend de facteurs modifiables, ce qui donne une marge de manœuvre importante à chacun.
Les auteurs proscrivent également les mauvaises habitudes de consommation d'alcool et de tabac, ainsi que la prise non justifiée de compléments alimentaires. Ils insistent sur la nécessité de rompre avec la sédentarité et l'isolement, deux fléaux modernes qui accentuent le déclin physique et cognitif.
En définitive, la méthode S-MEDS se présente comme un guide pratique pour ceux qui souhaitent prendre en main leur vieillissement, sans pour autant nier l'importance des politiques de santé publique et des améliorations environnementales.