Sam Altman, le créateur de ChatGPT et dirigeant d'OpenAI, a opéré un revirement notable concernant l'impact de l'intelligence artificielle sur l'emploi. S'exprimant lors de la conférence Asie-Pacifique de la Commonwealth Bank (CBA), il a admis que sa prédiction d'une « apocalypse des cols blancs débutants » ne s'est pas concrétisée.

« Je pensais que l'on verrait déjà davantage de suppressions d'emplois parmi les cols blancs débutants que ce n'est réellement le cas », a-t-il déclaré, se disant ravi de s'être trompé sur ce point. Sam Altman a également nuancé ses prévisions concernant la disparition des services à la clientèle, reconnaissant qu'il subsiste une « part humaine » importante dans certaines activités. Pour illustrer ce constat, il a expliqué avoir temporairement automatisé ses réponses sur la plateforme de messagerie instantanée Slack à l'aide de l'IA, avant de finalement revenir à une rédaction manuelle.

Ce changement de discours du patron d'OpenAI s'inscrit dans un contexte plus large où plusieurs études relativisent l'impact immédiat de l'IA sur l'emploi. Selon les dernières données du Yale Budget Lab et de la Brookings Institution, l'intégration massive de l'IA n'a entraîné aucun bouleversement majeur sur le marché du travail américain début 2026. Malgré une forte exposition technologique, aucun impact significatif n'a été enregistré sur la structure des professions ou la durée du chômage, écartant pour l'instant le scénario d'une crise sociale généralisée. Sam Altman parle désormais d'une « restructuration sectorielle » plutôt que d'un effondrement des effectifs.

Sam Altman dénonce le « blanchiment d'IA »

Parallèlement à cet aveu, Sam Altman a soulevé un autre point : le « blanchiment d'IA » pratiqué par certaines entreprises. Selon lui, des sociétés ont massivement licencié en invoquant l'automatisation par l'intelligence artificielle, alors que les véritables raisons de ces licenciements se situaient ailleurs. Ces entreprises auraient notamment cherché à masquer des erreurs de gestion post-Covid et une situation financière déficitaire en justifiant leurs plans de restructuration par l'IA.

« Nous ne sommes pas responsables de ces licenciements, c'est la faute de l'IA ! », résume implicitement Sam Altman pour décrire cette pratique. Il souligne également que licencier au nom de l'IA peut permettre à une entreprise de se présenter comme visionnaire et à la pointe de la technologie, tout en ayant tendance à faire grimper le cours de l'action en bourse et à enthousiasmer les investisseurs.

Ce phénomène intervient alors que les discours sur l'IA et l'emploi alternent entre annonces d'apocalypse et fausses alertes. À titre d'exemple, Microsoft a récemment annulé la plupart de ses licences Claude Code quatre mois après avoir fortement incité ses développeurs à utiliser quotidiennement les outils d'IA agentique d'Anthropic, illustrant les difficultés d'intégration de ces technologies.

Pour rappel, en avril dernier, OpenAI préconisait un système de semaine de 32 heures de travail et la création d'un fonds national de richesse publique alimenté en partie par des entreprises spécialisées dans l'IA, dans le but de limiter les menaces potentielles de l'IA sur l'emploi.