Le groupe japonais SoftBank a officialisé un investissement sans précédent de 75 milliards d’euros destiné à édifier sur le sol français ce qu’il présente comme la plus vaste infrastructure d’intelligence artificielle d’Europe. L’annonce, rendue publique samedi, précède de deux jours la neuvième édition du sommet Choose France, qui se tiendra lundi au château de Versailles.
Le président de la République, Emmanuel Macron, doit y promouvoir l’attractivité économique du pays et espère attirer un nouveau record de capitaux étrangers. Cet engagement de SoftBank constitue ainsi un signal fort pour la stratégie française en matière d’intelligence artificielle.
Si les détails précis du projet — localisation, calendrier de réalisation, technologies employées — n’ont pas encore été dévoilés, l’enveloppe annoncée place cette initiative parmi les plus importantes jamais consenties par un acteur privé dans le domaine de l’IA en Europe. SoftBank, par l’intermédiaire de son fonds Vision Fund, est déjà un investisseur majeur dans de nombreuses startups technologiques à travers le monde.
L’investissement intervient dans un contexte de compétition internationale intense pour l’implantation de capacités de calcul dédiées à l’intelligence artificielle. Plusieurs pays européens, dont la France, multiplient les mesures pour attirer les géants de la tech et les fonds d’investissement spécialisés. Le sommet Choose France, rendez-vous annuel orchestré par l’Élysée, vise précisément à convaincre les dirigeants étrangers de choisir la France pour leurs implantations industrielles et technologiques.
Pour l’exécutif français, cet engagement conforte la politique de transformation numérique et d’innovation portée depuis plusieurs années. Emmanuel Macron a fait de l’intelligence artificielle l’une des priorités de son second mandat, avec des objectifs de formation, de recherche et d’équipement.
SoftBank, de son côté, poursuit sa stratégie d’expansion dans l’IA après avoir notamment participé au financement du développeur de puces Arm et du géant chinois du commerce électronique Alibaba. Le groupe nippon, dirigé par son fondateur Masayoshi Son, mise sur une croissance exponentielle du secteur et sur le besoin massif en infrastructures de calcul pour entraîner et faire fonctionner les modèles d’intelligence artificielle.
L’annonce a été accueillie favorablement par les milieux économiques et politiques français, même si certains observateurs appellent à la prudence tant que les contours précis du projet ne seront pas rendus publics. La somme évoquée, si elle se concrétise, représenterait l’un des plus importants investissements étrangers jamais réalisés sur le territoire français.
Reste à savoir quelle forme prendra cette infrastructure : centres de données, réseaux de fibre optique, supercalculateurs ou combinaison de ces éléments. Les besoins en électricité et en foncier sont considérables, et le projet devra obtenir les autorisations administratives et environnementales nécessaires.
Le sommet Choose France, qui réunira lundi au château de Versailles plusieurs centaines de chefs d’entreprise internationaux, devrait être l’occasion pour Emmanuel Macron de détailler les attentes du gouvernement et de présenter les nouvelles mesures destinées à renforcer l’attractivité du pays. L’investissement de SoftBank donne d’ores et déjà une impulsion notable à cette rencontre.