Une écrasante majorité de Français soutient l'expulsion des trafiquants de drogue de leurs logements sociaux. C'est ce que révèle un sondage de l'Institut CSA, dont les résultats ont été publiés ce lundi 25 mai. À la question «Êtes-vous pour ou contre l’expulsion des trafiquants de drogues de leurs logements sociaux ?», 91% des personnes interrogées se sont dites favorables à cette mesure.
Un soutien massif et quasi unanime
L'adhésion à cette idée traverse toutes les catégories sociodémographiques, selon le sondage réalisé auprès d'un échantillon représentatif de 1 002 personnes âgées de plus de 18 ans. L'étude montre que les 50 ans et plus sont 93% à approuver l'expulsion, tandis que les 25-34 ans le sont à 88%. Les 18-24 ans, bien que légèrement moins nombreux, restent très majoritairement favorables, avec 87% de réponses positives. Les 35-49 ans affichent un taux d'approbation de 89%.
Les différences sont également minces entre catégories socioprofessionnelles. Parmi les CSP+, 88% des sondés sont pour l'expulsion des trafiquants des HLM (11% sont contre). Chez les CSP- (les classes les moins favorisées), la proportion monte à 94% (6% contre), un soutien encore plus marqué.
Des clivages politiques persistants
L'étude met en évidence des divergences notables selon les affinités politiques. À droite, l'adhésion est totale : 100% des électeurs des Républicains et 98% de ceux du Rassemblement national se déclarent favorables à l'expulsion. Dans les rangs de la majorité présidentielle, le soutien atteint 93%.
À gauche, le consensus est moins fort. Les électeurs du Parti socialiste sont 88% à approuver la mesure, tandis que les sympathisants écologistes sont 85% favorables et 15% opposés. Le rejet le plus marqué vient des soutiens de La France insoumise : 73% se disent pour l'expulsion, mais 24% y sont opposés.
Un précédent sondage confirmait la tendance
Ce nouveau sondage actualise une interrogation déjà posée en novembre dernier par l'Institut CSA. À l'époque, 71% des Français se déclaraient favorables à l'expulsion de toutes les familles de délinquants des logements sociaux. La présente enquête affine le questionnement en ciblant spécifiquement les trafiquants de drogue, et enregistre une progression significative du soutien.
Des difficultés d'application concrètes
Si l'opinion publique est très largement acquise à cette mesure, sa mise en œuvre se heurte à des obstacles juridiques, comme l'illustre un cas récent à Marseille. Mardi 20 mai, deux familles liées au narcotrafic ont échappé à l'expulsion de leur logement social, situé dans la cité de La Castellane. Les fils des familles concernées avaient pourtant été condamnés pour trafic de stupéfiants.
Le juge chargé de l'affaire a débouté le bailleur, estimant que le lien entre le lieu de commission des faits et le bien loué n'était pas suffisamment établi. Cette décision constitue un coup d'arrêt pour la préfecture des Bouches-du-Rhône, qui avait engagé la procédure en vertu d'un dispositif mis en place depuis avril 2025. Ce dernier permet à un préfet de saisir un juge pour faire expulser de son logement toute personne dont les agissements, en lien avec des activités de trafic de stupéfiants, troublent l'ordre public.