Le monde du jazz est en deuil. Sonny Rollins, figure tutélaire du saxophone ténor, est décédé à l’âge de 95 ans. L’information a été confirmée par des proches et saluée par de nombreux musiciens. Surnommé le « Colosse du saxophone » en référence à son album révolutionnaire de 1965, Rollins a marqué des générations de mélomanes et de musiciens par son jeu virtuose, sa créativité foisonnante et sa longévité artistique.

Un parcours hors norme Né à New York en 1930, Sonny Rollins a commencé sa carrière très jeune. Il s’impose rapidement comme l’un des saxophonistes ténor les plus influents de l’histoire du jazz, aux côtés de figures comme Coleman Hawkins ou John Coltrane. Son album « Saxophone Colossus », paru en 1956, est considéré comme un chef-d’œuvre absolu du genre et a consacré son surnom. Rollins a exploré de nombreux styles – du bebop au free jazz – sans jamais cesser d’innover, alternant compositions personnelles et réinterprétations de standards.

Hommage d’un musicien proche Sur le plateau de l’émission « Spotlight », le contrebassiste américain Reggie Washington, membre fondateur du collectif Black Lives, a rendu hommage à son aîné. « Sonny Rollins représentait l’essence même du jazz : la liberté, la recherche constante et une humanité profonde », a-t-il déclaré. Washington a salué « un son unique, immédiatement reconnaissable, qui portait toute l’histoire du jazz en lui ». Il a également souligné l’engagement de Rollins pour la justice sociale, rappelant que sa musique a toujours été porteuse de messages de paix et de dignité.

Un héritage artistique immense Au cours de ses soixante-dix ans de carrière, Sonny Rollins a enregistré des dizaines d’albums majeurs, collaboré avec les plus grands noms du jazz (Miles Davis, Thelonious Monk, Max Roach) et reçu de nombreuses distinctions, dont un Grammy Award pour l’ensemble de sa carrière. Ses improvisations mélodiques, sa maîtrise rythmique et sa capacité à mêler l’avant-garde à la tradition en font une référence incontournable. Même après avoir ralenti son activité à partir des années 2000, il continuait d’incarner une certaine idée de la pureté et de l’exigence musicale.

Sonny Rollins laisse derrière lui un héritage qui dépasse largement le jazz : il a influencé des musiciens de tous horizons et reste une figure majeure de la culture afro-américaine. Sa disparition à 95 ans clôt un chapitre essentiel de l’histoire musicale.