La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, fait l'objet d'une nouvelle procédure judiciaire. Elle a annoncé mardi sur France 2 avoir été mise en examen pour diffamation à la suite d'une plainte déposée par l'entreprise Tefal, filiale du groupe Seb. Cette mise en examen, notifiée le 12 mars, selon l'entreprise, intervient six mois après une première mise en examen de la leader syndicale pour « injure publique », à la suite d'une plainte du mouvement patronal Ethic.
Sophie Binet a indiqué avoir appris cette procédure « vendredi », soit le 22 mai. Elle justifie ses propos par la situation dans l'usine Tefal : « La CGT alerte depuis des mois sur la dangerosité des PFAS, un composant chimique qui est utilisé pour les poêles de Tefal ». Lors de la Fête de l'Humanité, elle avait dénoncé une « répression syndicale violente » dans l'entreprise. La syndicaliste estime que cette nouvelle mise en examen « est un signal d'ensemble qui est envoyé, parce que sur cette base, c'est la quasi-totalité des syndicalistes du pays qui pourraient être mis en examen. »
Tefal réfute toute accusation de répression
De son côté, Tefal confirme la procédure et précise qu'elle « concerne des accusations publiques graves et erronées visant l'entreprise, que Tefal conteste fermement ». Le groupe assure respecter la liberté syndicale et le droit de critique : « Ces principes sont essentiels et Tefal les respecte pleinement. Mais la liberté d'expression ne permet pas d'imputer à une entreprise des faits inexacts portant atteinte à ses salariés, à son dialogue social et à sa réputation. » L'entreprise réaffirme « agir dans le strict respect de toutes les réglementations ».
Sophie Binet a également évoqué la situation d'une déléguée CGT de Tefal, sanctionnée en interne pour avoir demandé des précisions sur l'impact des PFAS sur les salariés. La CGT indique que cette sanction sera contestée aux prud'hommes. Pour la secrétaire générale de la CGT, la procédure intentée par Tefal « confirme l'ampleur de la répression syndicale et qu'il essaie de bâillonner les syndicalistes qui s'expriment sur les conditions de travail ou l'impact environnemental des productions ».
Un conflit aux multiples facettes
Cette affaire s'inscrit dans un contexte de tensions autour de l'utilisation des PFAS, des substances chimiques potentiellement dangereuses, dans les poêles Tefal. Plusieurs études et signalements ont mis en lumière la présence de ces composés à proximité des sites de production. La CGT accuse la direction de vouloir museler les salariés qui s'inquiètent des risques sanitaires et environnementaux. L'entreprise, elle, défend sa réputation et son dialogue social, et estime que les accusations portées par Sophie Binet sont infondées. La procédure judiciaire en cours devrait permettre de départager les parties sur le fond du litige.