Le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé lundi les frappes américaines menées dans la province méridionale d’Hormozgan, les qualifiant de « violation flagrante » du fragile cessez-le-feu en place depuis début avril. Dans le même temps, le commandant des forces aérospatiales des Gardiens de la révolution, le général Seyed Majid Moosavi, a affirmé que l’Iran était prêt à répondre. Sur son compte X, il a critiqué la diplomatie en cours, estimant que « négocier avec l’ennemi est une pure perte ».
Des frappes en pleines négociations
Les frappes surviennent alors que les deux camps avaient fait état de progrès vers un mémorandum d’entente susceptible de mettre fin à la guerre et de rétablir la navigation dans le détroit d’Ormuz, bloqué par l’Iran. Le négociateur en chef iranien, Mohammad Baqr Qalibaf, accompagné du ministre des Affaires étrangères et du gouverneur de la banque centrale, s’est rendu à Doha lundi pour s’entretenir avec le Premier ministre qatari.
Selon une source proche des négociations citée par l’agence Tasnim, Qalibaf cherche à obtenir le déblocage d’environ 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l’étranger, point d’achoppement majeur pour la finalisation du mémorandum. L’agence Fars a rapporté qu’une source proche de l’équipe de négociation estimait que le dégel de ces fonds constituait le dernier obstacle sérieux.
Un accord initial en vue ?
D’après des sources iraniennes, un premier accord porterait sur la fin de la guerre sur tous les fronts, l’établissement d’un cadre de trente jours pour le passage dans le détroit d’Ormuz et un possible allègement financier. Les questions plus complexes, comme le programme nucléaire iranien, seraient renvoyées à une deuxième phase. L’Iran a continué de laisser passer certains navires, donnant la priorité à ceux de pays alliés ou ayant des liens étroits, et a conclu des accords de gouvernement à gouvernement.
Réactions américaines
Le président américain Donald Trump a déclaré dans un long message sur Truth Social lundi que les discussions avec l’Iran se déroulaient « gentiment », tout en avertissant que de nouvelles frappes pourraient survenir en cas d’échec. « Ce ne sera qu’un excellent accord pour tous, ou pas d’accord du tout », a-t-il écrit. Plus tôt, le secrétaire d’État Marco Rubio, s’exprimant depuis Jaipur en Inde, a affirmé que le détroit d’Ormuz devait être rouvert « d’une manière ou d’une autre ».
Le Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé lundi avoir mené de nouvelles frappes visant « à protéger nos troupes des menaces posées par les forces iraniennes ». L’organisation britannique UKMTO (United Kingdom Maritime Trade Operations) a signalé mardi qu’un pétrolier avait rapporté une explosion externe du côté bâbord, près de la ligne de flottaison, à 60 milles nautiques (111 km) de la capitale omanaise Mascate. Le navire et son équipage sont sains et saufs, mais une partie du carburant de soute s’est déversée en mer.
Menaces de représailles
Les Gardiens de la révolution ont déclaré mardi qu’ils se réservaient le droit de riposter. Ils ont indiqué que les unités de défense aérienne avaient abattu un drone américain et tiré sur un autre drone ainsi que sur un chasseur, affirmant que ces appareils avaient pénétré l’espace aérien iranien dans le Golfe.
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, dans un message publié sur sa chaîne Telegram à l’occasion du pèlerinage annuel du hajj, a déclaré : « Le temps ne peut pas revenir en arrière, et les nations et les… » (la source ne précise pas la suite).
Conséquences économiques
La guerre, qui a débuté le 28 février par des frappes américaines et israéliennes sur l’Iran, a provoqué un choc pétrolier sans précédent, faisant grimper les prix du pétrole ainsi que ceux du carburant, des engrais et des denrées alimentaires.