Une diminution inédite des ventes

Selon le rapport annuel de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), le volume de tabac vendu dans le réseau des buralistes a chuté de 8,2 % en 2025 par rapport à 2024. Cette baisse marque une accélération par rapport aux années précédentes et confirme une tendance de fond : le tabagisme est « toujours plus bas » en France, selon les termes de l’OFDT.

Les données, présentées fin mai 2026, couvrent l’ensemble de l’année 2025. Elles montrent que la France n’a jamais vendu aussi peu de cigarettes, de tabac à rouler et d’autres produits du tabac depuis le début des relevés. La baisse des ventes est observée sur l’ensemble du territoire, sans disparité régionale notable.

Les jeunes fument moins, la cigarette électronique progresse

Le recul du tabagisme concerne particulièrement les jeunes adultes et les adolescents. Les enquêtes menées par l’OFDT indiquent que la proportion de fumeurs quotidiens parmi les 18-24 ans a continué de décroître en 2025. Les politiques de prévention, la hausse des prix et la moindre attractivité de la cigarette traditionnelle sont régulièrement citées comme facteurs explicatifs.

En parallèle, l’usage de la cigarette électronique poursuit sa progression. Le vapotage, notamment chez les jeunes, est devenu une alternative de plus en plus adoptée. L’OFDT note que cette évolution pourrait contribuer au désamour du tabac combustible, mais souligne aussi les interrogations sanitaires qui entourent encore la e-cigarette.

Des causes multiples

Plusieurs éléments expliquent cette tendance. La hausse régulière du prix du tabac, liée aux augmentations de taxes décidées par les gouvernements successifs, rend le produit moins accessible. Les campagnes de sensibilisation, les paquets neutres et les avertissements sanitaires renforcés ont également joué un rôle.

Les professionnels du réseau des buralistes, qui subissent cette baisse de chiffre d’affaires, appellent à un accompagnement accru de l’État pour diversifier leurs activités. Certains misent déjà sur le vapotage, les jeux ou les services financiers pour compenser le manque à gagner.

Un défi pour la santé publique

Si la baisse du tabagisme est une bonne nouvelle pour la santé publique, l’OFDT met en garde contre tout relâchement. La France compte encore plusieurs millions de fumeurs réguliers, et le tabac reste la première cause de mortalité évitable. Le rapport encourage à poursuivre les mesures de prévention et à surveiller de près l’évolution du vapotage, dont les effets à long terme ne sont pas encore totalement connus.

Les données de 2025 confirment donc une tendance lourde : les Français fument de moins en moins. La chute des ventes de tabac chez les buralistes pourrait se poursuivre dans les années à venir, si les politiques actuelles sont maintenues.