Alors que Google intensifie l’intégration de l’intelligence artificielle dans son moteur de recherche, une créatrice de logiciels a conçu trois outils qui misent sur Wikipédia pour fournir des résultats sans recourir à l’IA. Ces services, accessibles gratuitement et sans publicité, visent à offrir des alternatives aux internautes préoccupés par la fiabilité des réponses générées automatiquement.

Des doutes sur la fiabilité de l’IA de Google

L’auteure de ces outils, également éditrice du blog, exprime des réserves sur la stratégie de Google. Elle estime que l’IA de la firme ne garantit pas une exposition minimale à la désinformation et qu’elle pourrait nuire aux éditeurs en réduisant le trafic vers leurs sites. Elle cite des analyses selon lesquelles les aperçus générés par l’IA de Google seraient erronés dans 10 % des cas et que leur déploiement affecte déjà les taux de clics des éditeurs. Elle craint également que la transformation de la recherche en un dialogue avec un chatbot ne limite la capacité des utilisateurs à explorer et à apprendre par eux-mêmes. Pour elle, le travail de sélection et d’évaluation des sources est essentiel à l’apprentissage, contrairement à une information « prémâchée » par l’IA.

MiniGladys : un accès rapide aux informations officielles

Le premier outil, nommé MiniGladys, se présente comme une interface spécialisée de Wikipédia. Il met en avant les liens officiels des entrées, comme les sites web, les comptes sur les réseaux sociaux ou les identifiants d’autorité. L’objectif est de permettre de vérifier rapidement l’orthographe d’un nom, d’obtenir l’adresse d’un site officiel ou de confirmer la page authentique d’une personnalité. L’outil propose également la création de flux RSS à partir de mots-clés et une fonctionnalité intitulée « Machine à potins » (Gossip Machine) qui repère les périodes de forte consultation d’un article de Wikipédia et génère des recherches sur Google Actualités pour la même période. Une version plus complète, le Wikipédia Seismograph, est également recommandée.

Wikipédia Seismograph : visualiser l’intérêt public

Le deuxième outil, le Wikipédia Seismograph, exploite les données publiques de consultation des pages de Wikipédia, disponibles depuis 2017. La popularité de l’encyclopédie fait que l’actualité d’un sujet ou d’une personne se traduit par un pic de visites sur sa page. L’outil transforme ces données en un graphique qui met en évidence les périodes de plus fort intérêt. L’utilisateur peut alors, en quelques clics, lancer une recherche sur Google Actualités bornée à cette période précise, ce qui permet de retrouver rapidement l’actualité qui a suscité l’attention. L’auteure explique l’utiliser pour connaître rapidement le parcours d’une personnalité politique soudainement sous les projecteurs, sans avoir à parcourir des résultats de recherche généraux.

Wiki-Guided Google Search : une recherche thématique guidée

Le troisième outil, intitulé Wiki-Guided Google Search (I & II), fonctionne en deux versions. Il utilise la structure thématique de Wikipédia pour guider la recherche sur un autre moteur. Lorsqu’un utilisateur saisit un sujet, l’outil propose les rubriques connexes issues de l’encyclopédie, permettant d’affiner la requête et d’obtenir des résultats plus ciblés. L’auteure précise que les liens de recherche pointent actuellement vers Google, mais qu’elle les modifiera pour un autre moteur si les résultats de Google deviennent trop influencés par l’IA.

Une démarche artisanale face aux géants

La créatrice reconnaît que son action ne peut s’opposer directement à un groupe valant plusieurs milliers de milliards de dollars, mais elle affirme vouloir « proposer des alternatives » et « conserver l’idée qu’il existe des façons de chercher que la Silicon Valley ne propose pas ». Elle met en avant la ligne directrice de son travail : chacun mérite un accès simple à une information utile, comme il mérite une nourriture et une eau propres. Les trois outils sont librement accessibles en ligne, sans frais ni publicité.