Bombardement nocturne sur Kiev

La région de Kiev a subi dans la nuit du 23 au 24 mai 2026 une intense vague de bombardements russes. Selon les autorités ukrainiennes, au moins quatre personnes ont été tuées. Les forces russes ont employé 600 drones et 90 missiles, dont un missile balistique hypersonique à moyenne portée de type Orechnik, une arme à capacité nucléaire. Des journalistes présents sur place ont rapporté plusieurs séries d'explosions qui ont fait trembler les immeubles et des tirs de mitrailleuse pour tenter d'abattre un drone survolant le centre-ville.

Le maire de Kiev a indiqué qu’une école avait été touchée dans le quartier de Chevtchenkivsky, et qu’une frappe à proximité d’un autre établissement scolaire avait bloqué l’entrée d’un abri avec des débris, où des habitants s’étaient réfugiés. Le bilan initial d’un mort et 21 blessés a ensuite été revu à la hausse par les autorités. Une alerte aérienne a été déclenchée sur l’ensemble du territoire ukrainien. Dans le centre du pays, des bombardements ont fait au moins sept blessés dans la région de Dnipropetrovsk et onze dans celle de Tcherkassy.

Réponse à une attaque ukrainienne

Cette offensive intervient deux jours après une attaque de drones ukrainiens contre la ville de Starobilsk, dans la région de Lougansk occupée par la Russie. L’attaque, qui a visé des bâtiments éducatifs, a fait au moins 18 morts et plus de 40 blessés, selon les autorités russes. Kiev a démenti avoir visé des civils et affirmé avoir frappé une unité russe de drones stationnée dans la zone. Le président russe Vladimir Poutine avait promis une réponse militaire, et le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait jugé l’attaque « entièrement justifiée ».

Peu avant les frappes, Volodymyr Zelensky et l’ambassade des États-Unis à Kiev s’étaient inquiétés d’une possible utilisation du missile Orechnik. Le président ukrainien a prévenu que son pays « répondrait entièrement et de manière égale à chaque frappe russe ».

Escalade des hostilités

Plus tôt en mai, la Russie avait mené sa plus vaste attaque aérienne depuis le début de la guerre en 2022, avec plus de 1 500 drones en deux jours sur plusieurs villes, faisant 22 morts. En représailles, l’Ukraine avait lancé une attaque massive de 600 drones sur le territoire russe, tuant quatre personnes.

Réactions internationales

La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne a dénoncé une « tactique d’intimidation » visant à « terroriser l’Ukraine avec des frappes délibérées sur les centres-villes ». Le président français Emmanuel Macron a réagi en qualifiant l’attaque de « forme de fuite en avant » et en soulignant l’impasse de la guerre d’agression russe. La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a condamné fermement la « violente attaque russe ».

Par ailleurs, Emmanuel Macron et le président biélorusse Alexandre Loukachenko ont eu un rare entretien téléphonique dimanche. Ils ont discuté des relations entre la Biélorussie et l’Union européenne ainsi que de questions régionales. Selon la présidence française, Emmanuel Macron a exhorté Alexandre Loukachenko à ne pas laisser son pays être « entraîné » dans la guerre russe en Ukraine.