Au bout d'un chemin de gravier, à l'intérieur d'un petit bâtiment recouvert d'aluminium, Kassi Solberg est arrivée à une nouvelle réunion du conseil municipal de Broadview, dans le Montana, prête à faire des vagues. Cette fois-ci, le maire a menacé d'appeler le shérif. Kassi Solberg récidivait, exigeant des informations sur le projet d'une entreprise de Houston visant à construire un gigantesque campus de centres de données pour l'intelligence artificielle, s'étendant sur plus de 2 000 hectares, près de sa propriété rurale. Ce projet, qui s'inscrit dans un boom national de construction d'infrastructures capables d'alimenter l'IA, aurait la superficie d'environ 3 800 terrains de football américain.

Un projet titanesque en pleine terre rurale

Le projet, porté par une entreprise basée à Houston, prévoit l'édification d'un campus de centres de données dédiés à l'intelligence artificielle sur plus de 2 000 hectares dans le comté de Yellowstone, dans le Montana. Pour Kassi Solberg, mère de famille installée dans la région depuis quelques mois, ce projet représente "un monstre" qui va transformer radicalement le paysage rural et la vie des habitants. Selon elle, le développement de telles infrastructures, très gourmandes en énergie et en eau, aura des conséquences néfastes sur l'environnement local, la qualité de vie et les ressources naturelles de la région.

Une opposition qui monte

Kassi Solberg est devenue la figure de proue de l'opposition locale. Elle organise des réunions, distribue des tracts et tente de sensibiliser la population aux risques du projet. Cependant, elle se heurte à un mur : les autorités locales, notamment le maire de Broadview, qui a menacé de faire appel au shérif lors d'une réunion houleuse, mais aussi une partie des habitants qui voient dans ce projet une opportunité économique pour une région souvent délaissée. Le conseil municipal semble peu enclin à soutenir les opposants, et le projet avance malgré les protestations.

Un phénomène national

Ce cas n'est pas isolé. À travers les États-Unis, des projets de centres de données pour l'IA se multiplient, souvent dans des zones rurales ou périurbaines, suscitant des oppositions locales. Des images d'un rassemblement de riverains à Hernando, en Floride, illustrent ce phénomène : des t-shirts à vendre lors d'une manifestation contre un autre projet de centre de données montrent que la contestation prend de l'ampleur. Les préoccupations sont similaires : consommation excessive d'eau, pression sur le réseau électrique, nuisances sonores et transformation du cadre de vie.

Les arguments des partisans

Les partisans du projet, y compris certains habitants et responsables locaux, mettent en avant les retombées économiques promises : création d'emplois, investissements dans les infrastructures et dynamisation de l'économie locale. Pour une région comme le Montana, qui cherche à diversifier son économie au-delà de l'agriculture et du tourisme, un tel projet peut sembler attractif. L'entreprise porteuse du projet n'a pas encore communiqué publiquement sur les détails, mais elle bénéficie du soutien tacite des autorités locales qui n'ont pas bloqué le processus.

Kassi Solberg ne baisse pas les bras

Malgré les obstacles, Kassi Solberg continue son combat. Elle a saisi les médias et alerte l'opinion publique, espérant que la pression médiatique et citoyenne forcera les décideurs à revoir leur copie. Elle dénonce un manque de transparence et le peu d'études d'impact rendues publiques. Pour elle, le projet est "un monstre" qui s'abat sur une communauté sans que celle-ci ait vraiment son mot à dire. La bataille est loin d'être terminée, et elle symbolise les tensions croissantes entre les besoins de l'industrie technologique et les aspirations des communautés locales.