La première conférence internationale entièrement dédiée à la sortie des énergies fossiles s'est achevée sur une déclaration commune de plus de cinquante nations, déterminées à avancer sur la voie de la décarbonation. Réunis dans la ville côtière colombienne de Santa Marta, ministres, experts financiers et militants climatiques ont convenu d'un ensemble de résultats visant à accélérer la transition énergétique, sans la présence des lobbyistes du secteur.
Un rendez-vous voulu par des pays « fatigués des blocages »
L'initiative est née de la frustration suscitée par le dernier sommet climat de l'ONU (COP30), tenu au Brésil. Lors de cette conférence, une large alliance en faveur d'une feuille de route pour abandonner le charbon, le pétrole et le gaz avait vu le jour, mais sa proposition a été bloquée par un groupe de pays. En conséquence, la Colombie et les Pays-Bas, coorganisateurs de la réunion de Santa Marta, ont invité les États « volontaires » à se réunir dans un cadre plus restreint, où les intérêts des industries fossiles n'auraient pas droit de cité.
« Nous sommes en train d'écrire l'histoire », a déclaré aux délégués Maina Vakafua Talia, ministre des Affaires intérieures, du changement climatique et de l'environnement de Tuvalu, un petit État du Pacifique particulièrement menacé par la montée des eaux. « Le multilatéralisme et la coopération internationale ne se définissent pas par un seul processus, mais par la reconnaissance des lacunes de gouvernance. Même nos plus grands défis peuvent être surmontés et nous pouvons atteindre de nouveaux horizons ensemble », a-t-il ajouté.
Les défis d'une transition sans modèle unique
Les participants ont reconnu qu'il n'existe pas de solution universelle pour remplacer le charbon, le pétrole et le gaz, responsables du réchauffement climatique et de phénomènes extrêmes comme les sécheresses, les tempêtes et les canicules. Les pays exportateurs d'énergies fossiles font face à des difficultés différentes de celles des pays importateurs. La Colombie, par exemple, dépend fortement de ses exportations de charbon, notamment vers l'Allemagne et d'autres pays européens. Pour réduire rapidement ce secteur, elle devra créer de nouvelles sources de revenus et d'emplois, tout en protégeant les populations vulnérables. Fermer purement et simplement les mines exposerait l'État à des poursuites judiciaires de la part des compagnies minières, réclamant des indemnisations pour pertes de revenus.
L'exemple allemand comme source d'inspiration
Plusieurs délégués ont cité le modèle de la Commission charbon allemande, créée en 2019, comme source d'inspiration. Cette instance a réuni toutes les parties prenantes — industriels, syndicats, associations environnementales et collectivités locales — pour élaborer un plan de sortie du charbon jugé économiquement viable et socialement acceptable. L'Allemagne prévoit d'arrêter complètement la production d'électricité à partir de charbon d'ici 2038. Certaines anciennes mines de lignite ont déjà été transformées en lacs, offrant des espaces de loisirs.
Vers une gouvernance renforcée
La conférence de Santa Marta n'a pas produit de traité contraignant, mais elle a jeté les bases d'une coopération continue entre les pays déterminés à aller de l'avant. Plusieurs nations du Sud global ont plaidé pour qu'à l'avenir, des engagements juridiquement contraignants soient envisagés. Les participants ont souligné la nécessité de financer la transition, en particulier dans les pays en développement, et d'élaborer des stratégies de gestion des conséquences sociales.
L'ancienne présidente irlandaise Mary Robinson, figure reconnue de la justice climatique, était également présente et a soutenu l'initiative. La prochaine étape pourrait être une nouvelle réunion dans un an, afin de maintenir la dynamique et de transformer les intentions en actions concrètes, sans l'influence des industries fossiles qui freinent souvent les progrès dans les enceintes onusiennes.