Une analyse récente du texte italien de l'encyclique Magnifica Humanitas du pape Léon XIV suggère que plusieurs portions de ce document, qui traite des relations entre l'humanité et l'intelligence artificielle, auraient été rédigées par une IA. L'examen a été réalisé à l'aide du logiciel de détection Pangram, réputé pour sa fiabilité.

Détection de passages générés par IA

L'analyse, menée section par section en raison des limites de longueur de l'outil, révèle des taux variables de passages identifiés comme générés par IA. L'introduction de l'encyclique compterait 43 % de son contenu marqué comme tel, notamment les paragraphes sur les images de la tour de Babel et la reconstruction de Jérusalem par Néhémie. Le chapitre 1 présente le taux le plus élevé, avec 62 % de son texte signalé, incluant les paragraphes 21-24, 26-29, 31-32, 34-36 et 41-45. Les chapitres 2 à 5 affichent des proportions respectives de 34 %, 41 %, 24 % et 18 %. La conclusion, quant à elle, atteint 43 %, avec les paragraphes 230-233 et 238-240 concernés.

Fiabilité de l'outil Pangram

L'auteur de l'analyse, DanielFilan, estime que les résultats sont fiables. Il s'appuie sur des études académiques, dont celles de Jabarian et Imas, ainsi que de Puccetti, Pedrotti et Esuli, qui indiquent que Pangram a un taux de faux positifs proche de zéro et un taux de vrais négatifs d'environ 28 % pour le texte italien. Il précise que, contrairement à d'autres détecteurs moins fiables comme ZeroGPT, Pangram n'a pas l'habitude de marquer des textes humains classiques comme générés par IA. Il a lui-même testé l'outil sur d'anciennes encycliques et sur des traductions faites par IA de textes papaux, qui ont toutes été correctement identifiées comme humaines.

Implications et réactions

Cette révélation soulève des questions sur la méthode de rédaction du Vatican. L'encyclique, qui met en garde contre les excès de l'IA, pourrait elle-même avoir été rédigée avec l'aide de cette technologie. L'auteur note que, bien qu'il prône un jugement basé sur la qualité du texte plutôt que sur son origine, la production par IA peut nuire à la qualité et à la réflexion personnelle. Il précise n'avoir pas lu l'intégralité de l'encyclique, mais avoir consulté le modèle Claude Opus 4.7 pour obtenir un résumé.

L'analyse initiale a été motivée par des observations de chercheurs et d'utilisateurs sur les réseaux sociaux, qui avaient remarqué le caractère artificiel de certaines parties du texte en anglais et en italien.