Le lénacapavir, médicament préventif contre le VIH offrant une protection de six mois après deux injections, a fait son arrivée en Zambie. Considéré comme l’arme la plus avancée dans la lutte contre le VIH, ce traitement a démontré une efficacité de 100 % lors d’essais cliniques publiés en 2024. Les autorités sanitaires, les chercheurs et les cliniciens s’efforcent désormais de le distribuer aux populations les plus exposées, notamment les jeunes femmes africaines, qui présentent statistiquement le risque d’infection le plus élevé au monde.

Une campagne de recrutement sur le campus universitaire

En mars dernier, des dizaines d’étudiants fraîchement formés comme recruteurs ont sillonné les dortoirs de l’Université de Zambie, à Lusaka, pour inciter leurs camarades à se faire injecter le produit gratuitement. « Venez avec moi tout de suite, recevez une injection qui vous protégera du VIH pendant six mois, cela prend deux minutes et c’est gratuit », lançaient-ils. Une file s’est rapidement formée et les étudiants ont reçu les deux injections de part et d’autre du nombril.

Pour les chercheurs et responsables de la santé présents, ce moment a représenté une lueur d’espoir, alors que la réponse de la Zambie au VIH a été gravement compromise par la réorganisation de l’aide étrangère décidée par l’administration Trump.

Des résultats cliniques exceptionnels

Le lénacapavir, administré tous les six mois, a montré une protection totale contre l’infection chez les personnes exposées au virus. Cette découverte a provoqué un effort concerté pour acheminer ce médicament vers l’Afrique subsaharienne, région la plus touchée par l’épidémie de VIH.

Des obstacles logistiques et financiers

Malgré l’enthousiasme, la distribution du lénacapavir en Zambie se heurte à des difficultés majeures. Le système de santé zambien a été durement frappé par les réductions budgétaires américaines, qui ont touché des programmes essentiels de lutte contre le VIH. L’article rapporte que la réponse du pays au VIH a été « gravement endommagée » par ces coupes. Les infrastructures de santé, déjà fragiles, peinent à assurer la conservation et l’administration du médicament, qui nécessite une chaîne du froid et du personnel formé.

Une priorité : atteindre les jeunes femmes

Les campagnes de prévention ciblent particulièrement les jeunes femmes africaines, qui représentent une part disproportionnée des nouvelles infections. L’université de Zambie a constitué un terrain d’expérimentation pour tester la distribution du lénacapavir à grande échelle. Les résultats de cette initiative pilote pourraient déterminer la stratégie d’extension à d’autres régions du pays et du continent.

Des perspectives incertaines

Alors que le médicament commence à arriver, la question centrale demeure : parviendra-t-il aux personnes qui en ont le plus besoin ? Les coupes dans l’aide internationale, le manque de moyens logistiques et la nécessité de former des milliers d’agents de santé constituent autant de défis. Les acteurs de la santé publique appellent à un engagement renforcé des bailleurs de fonds pour garantir que ce progrès scientifique ne reste pas lettre morte.

Conclusion

L’arrivée du lénacapavir en Zambie représente une avancée majeure dans la prévention du VIH. Mais son succès dépendra de la capacité du pays et de ses partenaires à surmonter des obstacles structurels et financiers, alors que le contexte de l’aide américaine se durcit. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’impact réel de ce médicament sur l’épidémie.