Une étude inédite dresse un tableau détaillé de ce qu'elle qualifie de stratégie d'ingérence chinoise « systémique » à l'encontre des pays du G7. Les auteurs du rapport affirment que ces actions, menées à l'échelle locale, visent à affaiblir les démocraties occidentales en exploitant les failles de leurs systèmes politiques et médiatiques.
Des méthodes variées et coordonnées
L'étude identifie plusieurs vecteurs utilisés par la Chine pour exercer son influence. Le premier est économique : l'investissement chinois, notamment dans les infrastructures locales, serait conditionné à des accords de coopération politique. Les chercheurs citent l'exemple de prêts accordés à des collectivités territoriales en échange de prises de position favorables à Pékin lors de sommets internationaux.
Le deuxième volet concerne les médias. Le rapport met en lumière le rôle des médias d'État chinois et de leurs antennes locales, qui diffuseraient des contenus destinés à influencer l'opinion publique des pays hôtes. Ces médias seraient également utilisés pour promouvoir un discours positif sur la Chine et contrer les critiques sur ses politiques intérieures ou ses ambitions géopolitiques.
Un ancrage local systématique
Les auteurs de l'étude soulignent que l'ingérence chinoise ne se limite pas au niveau national, mais se déploie avec une « systématicité » particulière au niveau local. Des think tanks, des associations et des partis politiques seraient ciblés par des offres de financement ou de coopération, créant ainsi un réseau d'influence qui s'étend des grandes métropoles aux régions les plus reculées.
L'étude cite le cas de plusieurs municipalités européennes qui auraient signé des accords de jumelage ou de coopération économique sans que leurs gouvernements centraux en soient pleinement informés. Ces accords, selon le rapport, permettent à la Chine d'acquérir une influence directe sur les décisions locales, notamment en matière d'aménagement du territoire.
Des réactions politiques contrastées
La publication de ce rapport a suscité des réactions variées parmi les pays du G7. Certains gouvernements, en particulier ceux des États-Unis et du Royaume-Uni, ont exprimé leur vive inquiétude et appelé à une réponse coordonnée. D'autres, comme la France et l'Allemagne, ont adopté une position plus prudente, insistant sur la nécessité de maintenir un dialogue avec la Chine tout en protégeant leurs intérêts.
Un haut responsable européen a déclaré que cette étude « confirme des soupçons que nous avions depuis longtemps » et a plaidé pour une meilleure coordination des services de renseignement au sein de l'Union européenne. De son côté, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a rejeté les conclusions du rapport, les qualifiant d'« infondées » et de « politiquement motivées ». Pékin a dénoncé une « campagne de diffamation » visant à ternir l'image de la Chine.
Des conséquences potentielles
Les auteurs de l'étude estiment que cette ingérence systémique pourrait avoir des conséquences à long terme sur la cohésion des démocraties du G7. Ils pointent notamment le risque de « capture » de certaines décisions locales par des intérêts étrangers, ce qui affaiblirait la souveraineté des États.
Le rapport recommande plusieurs mesures, dont le renforcement des contrôles sur les investissements étrangers, une plus grande transparence des financements des think tanks et des partis politiques, ainsi qu'une coopération accrue entre les services de renseignement des pays du G7. Il appelle également à une meilleure éducation du public aux techniques de désinformation utilisées par des puissances étrangères.
Une étude qui s'inscrit dans un climat de tensions
Cette publication survient dans un contexte de tensions croissantes entre la Chine et les pays occidentaux, notamment autour de la question des droits de l'homme, des technologies et de la souveraineté territoriale. Elle intervient également alors que plusieurs pays du G7 envisagent de durcir leur législation contre les ingérences étrangères.
Certains analystes estiment que cette étude pourrait servir de catalyseur pour accélérer l'adoption de mesures communes au sein du G7, tandis que d'autres mettent en garde contre le risque de diaboliser la Chine au détriment d'une coopération nécessaire sur des enjeux globaux comme le climat ou la santé.