Un assistant scolaire (animateur) doit comparaître ce mardi devant le tribunal correctionnel de Paris, accusé de « traitements sexuels inappropriés » sur cinq enfants de l'école élémentaire Alphonse-Baudin, dans le 11e arrondissement. Ce procès s'inscrit dans une série de scandales qui ébranlent le système périscolaire de la capitale française depuis plus d'un an.

Selon les informations recueillies, des enquêtes sont actuellement en cours dans près d'une centaine de crèches, maternelles et écoles élémentaires parisiennes. Des animateurs y sont soupçonnés de comportements inappropriés, agressifs ou à connotation sexuelle. Trois autres procès doivent se tenir au cours de l'été, tandis qu'un verdict est attendu dans une quatrième affaire jugée début juin. La semaine dernière, seize personnes ont été interpellées lors d'une opération dans trois écoles du 7e arrondissement, et trois d'entre elles ont été mises en examen.

Des parents sous le choc

Les révélations successives ont provoqué une onde de choc parmi les familles. Un père de famille dont la fille fréquente l'école Alphonse-Baudin a raconté avoir repéré des signes inhabituels chez son enfant dès avril 2025. « Ma femme a emmené notre fille dans le jardin et lui a demandé si quelqu'un la touchait pendant le temps périscolaire. Elle a répondu oui, David me touche et me fait des câlins. Ma femme lui a dit “Montre-moi” et notre fille a commencé à lui caresser le dos d'une façon bizarre. Nous avons alors compris que quelque chose n'allait pas. »

De nombreux parents accusent la mairie de Paris, employeur des animateurs, de ne pas avoir pris leurs plaintes au sérieux dans un premier temps. Elisabeth Guthmann, fondatrice de l'association SOS-Périscolaire créée en 2021, explique avoir lancé ce collectif face à la multiplication de récits de « taquineries, moqueries et autres formes d'abus de bas niveau » commis par des animateurs. Elle cite notamment le cas de quatre animateurs d'une école du 16e arrondissement qui avaient « mis en place un club de combat avec les autres enfants debout autour criant “Frappe-le !” ».

Réformes promises par la mairie

Le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a annoncé un plan de réforme du recrutement des animateurs, accompagné d'un investissement de 20 millions d'euros (17,2 millions de livres sterling) pour la formation et le contrôle. Il a également déclaré que tout animateur ferait l'objet d'une suspension automatique dès le dépôt d'une plainte. Depuis le début de l'année, près de quatre-vingts animateurs ont été suspendus.

Les animateurs sont environ 15 000 à Paris, employés sous contrats courts pour encadrer les enfants durant les repas et les après-midi après la classe. Ils sont chargés d'organiser des activités sportives, artistiques et de loisirs. Leur faible rémunération et l'exigence minime d'un simple certificat de base en gestion d'enfants (parfois même assouplie en raison de besoins urgents de recrutement) sont pointées du doigt par SOS-Périscolaire comme des causes structurelles du problème.

Les animateurs se disent victimes de suspicion

De leur côté, les animateurs estiment être devenus les boucs émissaires de la situation. Une grève a été organisée la semaine dernière pour réclamer une reconnaissance et davantage d'investissements dans leur métier. Carla Bonnet, du syndicat FO, a déclaré : « Les parents ont, pour ainsi dire, pris le pouvoir dans les écoles et ont commencé à signaler des choses. Sauf que tout ce qu'ils signalent n'est pas forcément exact. » Un animateur prénommé Rémi renchérit : « La mairie n'est plus objective. Elle n'enquête pas sur les signalements... elle ne prend pas soin de nous. Travailler avec des enfants aujourd'hui, on peut être accusé de n'importe quoi pour un rien. »

Un problème qui dépasse Paris

Si le scandale est concentré sur Paris, les militants affirment que des problèmes similaires existent dans toute la France. Grégoire Ensel, de l'association de parents FCPE, résume : « Quand on a un système où les travailleurs ne sont pas correctement payés, ni formés, ni surveillés, et où il n'y a pas d'argent ni de procédures adéquates pour donner l'alerte, il n'est pas surprenant que les choses échappent à tout contrôle. »

La série d'affaires suscite une défiance croissante entre parents, animateurs et institutions, alors que le système périscolaire parisien tente de retrouver un équilibre.