La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a annoncé vendredi 22 mai 2026 la libération de 500 prisonniers politiques, dans le cadre d'une loi d'amnistie promulguée en février. Cette décision intervient alors que le pays poursuit sa transition politique après la capture de l'ancien président Nicolás Maduro par les États-Unis en janvier 2026.
« Le président de l'Assemblée nationale avait annoncé que 300 personnes seraient libérées. Ce nombre a augmenté et dans les prochaines heures, il dépassera les 500 libérations », a déclaré Delcy Rodríguez, qui assure l'intérim depuis la chute de Maduro, après douze années de pouvoir.
Une loi d'amnistie sous pression américaine
La loi d'amnistie avait été adoptée le 19 février 2026, sous la pression des États-Unis, dans le cadre d'un processus de réconciliation. Trois premiers détenus, qui avaient passé plus de vingt ans en prison, ont été libérés le 18 mai dans le cadre de cette mesure. Selon les chiffres officiels, 8 740 personnes ont bénéficié de l'amnistie au cours des trois derniers mois. Parmi elles, 314 étaient incarcérées et les autres étaient en liberté conditionnelle.
Des chiffres contestés par les ONG
L'ONG Foro Penal, qui défend les droits de l'homme au Venezuela, établit un bilan bien inférieur aux chiffres officiels. Selon elle, un peu plus de 450 personnes restent détenues pour des raisons politiques dans les prisons du pays. Cette divergence illustre les désaccords persistants sur l'ampleur des répressions passées.
Un contexte de répression massive
Des milliers de personnes ont été arrêtées sous le régime de Maduro, souvent lors de manifestations, à leur domicile ou sur leur lieu de travail, accusées de terrorisme et de complot. En 2022, un rapport de l'ONU a attesté l'existence de centres de torture clandestins dans des lieux officiels, particulièrement entre 2017 et 2019. Ces révélations avaient provoqué une condamnation internationale.
La transition en cours
La capture de Nicolás Maduro par les États-Unis, le 3 janvier 2026, avait marqué un tournant majeur. Delcy Rodríguez, qui était alors vice-présidente, a pris la tête d'un gouvernement de transition. Depuis, le Venezuela tente de tourner la page de douze années de régime autoritaire, marqué par une grave crise économique et des violations des droits humains.