Les Français achètent moins de tabac. Selon des chiffres officiels récents, les ventes totales de tabac dans les bureaux de tabac de métropole ont atteint 30 165 tonnes en 2025, contre 32 846 tonnes l’année précédente, soit une baisse de 8,2 %. Cette diminution des volumes confirme une tendance de fond au recul du tabagisme dans le pays.
Un volume en recul, un chiffre d’affaires stable
Malgré la baisse des quantités vendues, le chiffre d’affaires lié aux produits tabagiques est resté quasiment stable. Ce paradoxe s’explique par la hausse des prix du tabac, intervenue au cours de l’année 2025. Les augmentations successives des taxes et le relèvement du prix du paquet ont compensé la baisse des volumes, maintenant le montant total des recettes pour les buralistes à un niveau proche de celui de 2024. Cette stabilité financière relative n’efface toutefois pas la baisse structurelle de la consommation.
Une tendance de long terme confirmée
Les données de 2025 s’inscrivent dans une évolution observée depuis plusieurs années. Les politiques de santé publique, les campagnes de prévention et l’augmentation régulière du prix du tabac ont progressivement réduit la part des fumeurs réguliers en France. Le gouvernement avait déjà fixé des objectifs ambitieux de réduction du tabagisme, visant notamment à diminuer la prévalence chez les jeunes adultes. Les derniers chiffres montrent que ces mesures continuent de produire leurs effets sur le comportement d’achat.
Des disparités régionales et commerciales
Si la baisse est générale, elle n’est pas homogène sur tout le territoire. Certaines régions frontalières ou zones à forte densité de buralistes enregistrent des baisses plus marquées, tandis que la vente en ligne ou le marché parallèle (achats à l’étranger ou sur Internet) pourraient capter une partie de la consommation qui échappe aux comptoirs officiels. Les buralistes eux-mêmes s’adaptent en diversifiant leur offre (jeux, presse, services) pour compenser la perte de volume sur le tabac.
Les implications pour la santé publique
Cette baisse des ventes est perçue comme un signal positif par les autorités sanitaires, même si la lutte contre le tabagisme reste un enjeu majeur. La France compte encore environ 12 millions de fumeurs quotidiens, et le tabac demeure la première cause de mortalité évitable. Les experts rappellent que la baisse des ventes doit s’accompagner d’un renforcement de l’accompagnement au sevrage et de la prévention, notamment auprès des populations les plus vulnérables. Les données de 2025 montrent que la dynamique est engagée, mais le chemin vers un recul durable et significatif du tabagisme reste long.