Un projet d’accord démenti par Washington

La Maison Blanche a opposé un démenti catégorique, mercredi 27 mai 2026, à un rapport de la télévision d’État iranienne qui détaillait les grandes lignes d’un accord préliminaire entre Téhéran et Washington. Qualifié de « pure invention » par l’exécutif américain, ce projet, présenté comme « officieux », prévoyait notamment la réouverture du détroit d’Ormuz au trafic maritime commercial, en échange d’une levée du blocus naval américain et d’un retrait partiel des forces armées des États-Unis « des zones entourant l’Iran ».

Selon les informations rapportées par le diffuseur iranien, l’accord aurait également confié la gestion du détroit à l’Iran en coopération avec Oman, allié des États-Unis, et prévu un retour à un niveau de trafic antérieur à la guerre en l’espace d’un mois. Le texte n’évoquait en revanche ni le stock d’uranium enrichi iranien ni ses avoirs gelés, deux points de blocage majeurs qui demeurent largement irrésolus, selon les observateurs.

Trump ouvert à des négociations longues mais ferme sur le détroit

Lors d’une réunion du cabinet tenue le même jour, le président Trump a réagi au rapport en déclarant que les responsables iraniens « pensaient qu’ils allaient avoir ma peau » et a ajouté : « Je me fiche des élections de mi-mandat », signalant sa disponibilité pour des discussions prolongées, malgré les pressions intérieures. Sur la question du détroit d’Ormuz, il a affirmé : « Personne ne va le contrôler ; nous allons le surveiller. »

Le locataire de la Maison Blanche a également adressé un avertissement à Oman, mettant en garde le sultanat contre toute tentative de conclure un accord avec l’Iran sur le partage du contrôle de la voie maritime, sous peine de faire l’objet d’une campagne de bombardements américains.

Escalade des violences au Liban

Parallèlement à ces développements diplomatiques, les combats se sont intensifiés au Liban. Alors que des signaux de progrès vers un éventuel accord sont émis par Trump et les responsables iraniens, l’armée israélienne a émis des ordres d’évacuation pour deux villes du sud du Liban, indiquant qu’elle prévoyait de lancer de nouvelles frappes aériennes. Peu de Libanais croient que les efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre plus large apporteront la paix à leur pays.

Un contexte de tensions régionales

La fermeture du détroit d’Ormuz, dont le rapport iranien proposait la réouverture, a provoqué des tensions sur les marchés pétroliers et gaziers mondiaux. L’administration Trump, tout en niant l’existence d’un accord officieux, n’a pas précisé si des pourparlers indirects avaient eu lieu par l’intermédiaire de médiateurs régionaux. Le rejet catégorique de ce document intervient alors que les deux parties continuaient d’échanger des déclarations belliqueuses, sans signe tangible de désescalade.

Des enjeux nucléaires et financiers toujours en suspens

Les silences du projet d’accord sur les questions essentielles – le programme nucléaire iranien et le dégel des avoirs gelés – soulignent l’absence de progrès sur les dossiers centraux qui avaient conduit à la rupture des négociations précédentes. La position de Washington reste que tout accord global devra inclure des garanties vérifiables sur le nucléaire, tandis que Téhéran exige la levée de toutes les sanctions financières.

La voie étroite d’une solution diplomatique

Alors que le président Trump se dit prêt à « attendre » et à négocier « sans se soucier des échéances électorales », l’administration semble vouloir maintenir une pression maximale tout en gardant la porte ouverte à des discussions. L’avertissement à Oman montre que Washington entend contrôler toute initiative régionale. La multiplication des fronts – du détroit d’Ormuz au Liban – complique encore la recherche d’une issue négociée. Pour l’heure, l’« accord officieux » reste une rumeur démentie, et la guerre continue.