Un congrès sous le signe de l’apaisement

Le 54e congrès de la CGT s’ouvre lundi 1er juin à Tours, dans une ambiance bien moins houleuse que celle du précédent rendez-vous de Clermont-Ferrand en 2023, où le rapport d’activité du secrétaire général de l’époque, Philippe Martinez, avait été rejeté. Sophie Binet a depuis pris les rênes de la confédération, et les tensions internes semblent s’être apaisées, même si des divergences stratégiques persistent, notamment sur les alliances avec les mouvements écologistes et les modalités d’action.

Un regain inédit des effectifs

Pour la première fois depuis 2010, la CGT voit ses effectifs augmenter. Quelque 140 000 nouvelles adhésions ont été enregistrées depuis 2023, portant le total à 607 000 membres. Ce dynamisme est attribué à la forte mobilisation sociale contre la réforme des retraites et à l’affaiblissement du pouvoir en place. Toutefois, ce bond pose une question centrale : comment intégrer durablement ces nouveaux syndiqués dans la vie de l’organisation ?

L’intégration des nouveaux adhérents, un enjeu majeur

Selon plusieurs observateurs, la CGT doit travailler à l’intégration de celles et ceux qu’elle a attirés récemment. L’enjeu est de faire de ces adhésions un levier de renforcement, et non un simple effet d’aubaine. La formation, l’animation des sections locales et la participation des nouveaux venus aux instances de décision figurent parmi les chantiers à mener.

La lutte contre l’extrême droite en ligne de mire

Le congrès se déroule dans un climat politique marqué par la progression de l’extrême droite en France et dans le monde. Sandrine … la secrétaire générale de la fédération des services, a souligné que « ce congrès se tient dans un contexte de bascule : la crise s’accroît et l’extrême droite prospère dans le monde. En France, l’exécutif fait le choix de maintenir la rentabilité du capital en sacrifiant les travailleurs ». La confédération entend donc réaffirmer son opposition frontale à ce courant politique, tout en renforçant ses propositions sociales.

Un cap à définir pour les années à venir

Au-delà des questions d’organisation, le congrès doit fixer la feuille de route de la centrale pour le prochain mandat. Les débats porteront sur la structuration interne, les alliances avec d’autres forces sociales et politiques (notamment les associations environnementales), ainsi que sur les revendications prioritaires : hausses de salaires, défense des services publics, et opposition aux politiques d’austérité.

Un rendez-vous sous haute surveillance

Avec plus de 600 000 adhérents revendiqués, la CGT reste la première organisation syndicale française en nombre de voix aux élections professionnelles, même si elle doit composer avec une concurrence accrue de la CFDT et des syndicats réformistes. Le congrès de Tours devrait confirmer la ligne de fermeté sociale portée par Sophie Binet, tout en cherchant à moderniser ses pratiques pour attirer les jeunes et les précaires.