L'engagement militaire américain en Iran pèse lourdement sur les finances publiques. La Maison-Blanche a officiellement demandé au Congrès, le 24 juin 2026, une rallonge budgétaire avoisinant les 88 milliards de dollars. Selon la lettre adressée aux parlementaires par le directeur du budget, Russ Vought, « la plupart » de ces fonds répondent à « des besoins urgents » liés au conflit déclenché le 28 février par les États-Unis et Israël.
67 milliards pour le Pentagone
Sur ce total, plus de 67 milliards de dollars seraient alloués au Pentagone. Cette somme doit notamment financer « les coûts opérationnels » de la guerre et permettre de « reconstituer les stocks de munitions », précise le courrier transmis au Congrès. La demande intervient alors que le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, avait estimé en mars que les besoins du Pentagone pourraient atteindre 200 milliards de dollars à terme, un chiffre qui dépasse largement la requête actuelle.
Trump minimise la responsabilité américaine dans le drame de Minab
Parallèlement à ces enjeux financiers, le président Donald Trump a remis en cause, le même jour, l'implication de l'armée américaine dans le bombardement de l'école iranienne de Minab. Cette frappe, survenue au premier jour de la guerre fin février, a tué plus d'une centaine d'enfants. Interrogé par des journalistes lors d'une rencontre à la Maison-Blanche avec le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, le chef de l'État a déclaré : « Ce qui est arrivé est horrible, mais il y avait des missiles qui volaient dans tous les sens. Quelqu'un a dit que c'était notre missile, eh bien, peut-être que ce n'était pas notre missile. Je n'ai rien vu qui me porte à croire que ça l'était. Il y avait plein de missiles lancés par d'autres. »
Une enquête interne en cours
L'enquête sur ce drame, confiée par l'armée américaine à une « organisation extérieure », est présentée comme « complexe » mais « touchant à sa fin », selon des déclarations de responsables militaires datant de la mi-mai. Un haut gradé s'était alors engagé à en rendre les conclusions publiques. Interrogé sur les résultats de cette investigation, Donald Trump a répondu devoir attendre qu'elle soit achevée, tout en exprimant des doutes sur sa capacité à établir les responsabilités : « Je ne sais pas s'ils vont un jour résoudre ce problème, s'agissant des responsabilités. Je ne sais pas s'ils vont dire que c'était un de nos missiles (...) parce qu'il y avait des missiles qui volaient dans tous les sens. »
Des coûts en débat
La demande de 88 milliards de dollars intervient dans un climat de débat sur le coût global de l'opération militaire américaine en Iran. Plusieurs estimations, émanant d'analystes et d'élus, tentent d'évaluer la facture finale, qui pourrait encore grimper si les hostilités se prolongent ou si des besoins imprévus émergent. La requête budgétaire actuelle, bien que substantielle, ne couvre qu'une partie des dépenses anticipées par certains responsables du Pentagone.