Une nouvelle crise politique secoue Washington. Donald Trump a refusé, mercredi 24 juin, d'apposer sa signature sur une loi relative au logement pourtant adoptée la veille avec le soutien des deux partis au Congrès. Le chef de l'État conditionne désormais sa promulgation à l'adoption par le Sénat d'un texte imposant des restrictions sur les modalités de vote, qu'il présente comme une urgence nationale.

Un veto conditionnel inédit

La mesure sur le logement, qui devait être signée lors d'une cérémonie au Capitole, vise à faciliter la construction de nouveaux logements en assouplissant certaines normes et en accélérant les études d'impact environnemental. Moins de deux heures avant l'événement, Donald Trump a annoncé sur son réseau Truth Social son annulation, écrivant que la signature serait reportée « jusqu'à ce que nous adoptions le 'SAVE America Act', désespérément nécessaire et que je considère comme une urgence nationale ».

Ce texte sur le droit de vote, réclamé depuis plusieurs mois par le président, se heurte à une réalité parlementaire : les responsables de la majorité républicaine estiment son adoption hautement improbable en raison des règles du Sénat et d'un soutien insuffisant, y compris dans leurs propres rangs.

Un face-à-face tendu au Capitole

Ce refus de signer la loi sur le logement s'est accompagné d'une réunion particulièrement houleuse avec les sénateurs républicains. Selon plusieurs témoignages, le président a pris à partie les élus qui avaient voté la veille une résolution symbolique visant à ordonner le retrait des forces américaines d'Iran.

Le sénateur de Louisiane Bill Cassidy a rapporté avoir interpellé Donald Trump en ces termes : « Vous n'avez pas expliqué au peuple américain ce qui se passe. Ça (la guerre en Iran) devait durer quatre semaines, ça dure depuis quatre mois. Nos objectifs initiaux n'ont pas été atteints et je veux savoir ce qui se passe. »

En quittant la réunion, le président est apparu visiblement agacé, glissant aux journalistes : « Je n'aime pas certaines personnes, mais ça va. Je pense que vous savez de qui il s'agit. »

Une stratégie de pression contestée

Cette démarche inédite illustre la volonté de Donald Trump d'utiliser tout levier à sa disposition pour faire aboutir ses priorités électorales, quitte à bloquer des textes pourtant soutenus par une large coalition transpartisane. La loi sur le logement était présentée comme l'un des rares succès législatifs récents, capable de fédérer au-delà des clivages partisans.

En liant son sort à celui du « SAVE America Act », le président place les sénateurs républicains dans une position délicate : soit ils soutiennent un texte controversé sur le droit de vote, soit ils assument l'échec d'une mesure sur le logement pourtant largement approuvée. Les prochains jours devraient être déterminants pour mesurer l'ampleur de la fracture au sein du parti au pouvoir.