Le tribunal administratif de Paris a ordonné, mercredi 17 juin, au ministre de l’Intérieur d’autoriser l’accès d’un journaliste du magazine Politis au salon international de l’armement Eurosatory, qui se tient à Villepinte. Le requérant, Maxime Sirvins, avait été accrédité par les organisateurs de l’événement avant de se voir notifier, au dernier moment, une interdiction d’entrée émanant de la préfecture de police de Paris.

Lors de l’audience, les avocats du journaliste ont dénoncé une « impression d’être dans un mauvais film », selon les propos rapportés de l’un d’eux, Pierre Brunisso. Ils ont souligné que leur client enquêtait sur le business de l’armement en France et que cette exclusion constituait une entrave à la liberté d’expression et au droit de travailler.

Les juges ont estimé que la mesure contestée portait une « atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’expression et de travailler ». En conséquence, ils ont enjoint au ministre de l’Intérieur de délivrer l’accréditation sans délai.

Réaction des défenseurs de la liberté de la presse

Reporters sans frontières (RSF) a qualifié cette affaire d’« atteinte préoccupante à la liberté de la presse ». L’organisation a rappelé que le journaliste avait été accrédité par les organisateurs d’Eurosatory, salon présenté comme la référence mondiale pour la défense et la sécurité.

Contexte de l’événement

Eurosatory, qui se déroule du 16 au 20 juin, réunit des centaines d’exposants de l’industrie de l’armement. L’accès des journalistes est généralement soumis à une accréditation délivrée par les organisateurs, mais peut être refusé par les autorités pour des motifs de sécurité ou d’ordre public.

Décision de justice

Le tribunal administratif a statué en référé-liberté, une procédure d’urgence permettant de faire cesser une atteinte grave à une liberté fondamentale. La décision, rendue publique jeudi 18 juin, contraint le ministre de l’Intérieur à autoriser l’accréditation de Maxime Sirvins.