Donald Trump a essuyé un accueil hostile lundi soir au Madison Square Garden, alors qu'il assistait au troisième match des finales NBA entre les New York Knicks et les San Antonio Spurs, une première historique pour un président américain en exercice.

Alors que la chanteuse interprétait l'hymne national, le chef de l’État, saluant, a été montré sur l'écran géant central de l’enceinte. Des huées ont immédiatement fusé dans les tribunes, rappelant les relations compliquées du locataire de la Maison-Blanche avec sa ville natale, New York, bastion démocrate.

Un déploiement sécuritaire inédit

La venue du président a nécessité un dispositif de sécurité exceptionnel. Venus de son club de golf du New Jersey par hélicoptère Marine One puis par convoi motorisé jusqu'au Madison Square Garden, Donald Trump a entraîné la fermeture des rues environnantes à la circulation piétonne et automobile. Des milliers d'agents de la police new-yorkaise et des centaines d'officiers des services secrets ont été mobilisés, tandis que des barrières métalliques barraient chaque pâté de maisons. Les spectateurs ont dû se soumettre à un filtrage comparable à celui des aéroports.

Ces mesures ont fortement perturbé l'atmosphère habituelle des soirs de match. De nombreux bars du quartier, qui comptaient sur une soirée rentable, sont restés vides, les barrières ayant détourné les flux de piétons. « Ça tue l'ambiance des Knicks », a confié un New-Yorkais à une agence de presse. Un autre supporter, âgé de 44 ans et qui avait 17 ans lors de la dernière finale des Knicks en 1999, a qualifié les perturbations causées par la visite présidentielle de « très agaçantes ».

Célébrités et supporters dans les rues

Malgré les désagréments, la foule s'est rassemblée en de nombreux points de la ville. Les rues autour du Bryant Park étaient noires de monde lors d'une fête de quartier organisée pour suppléer celle prévue devant le Madison Square Garden, annulée en raison de la présence du président. Des supporters couraient et acclamaient chaque panier des Knicks, certains grimpant sur des échafaudages ou se massant autour d'un ordinateur portable pour suivre la rencontre.

Le maire de New York, Zohran Mamdani, a lui-même assisté à la rencontre, affirmant avoir payé près de 1 000 dollars pour son billet. À ses côtés, de nombreuses célébrités occupaient les places au bord du terrain, parmi lesquelles Timothée Chalamet, Tina Fey, Tracy Morgan, Ben Stiller, Larry David, Spike Lee, Derek Jeter ou encore Eli Manning.

Un accueil contrasté

Si les huées ont dominé, quelques voix se sont élevées pour saluer la démarche. Anthony Pulley, un fan des Knicks âgé de 43 ans, a jugé les perturbations regrettables mais a apprécié que le président « veuille se montrer et en faire partie ». Il a estimé que la sécurité avait « gâché les fêtes de quartier » mais que la présence présidentielle était « plutôt cool ».

Donald Trump était accompagné de sa petite-fille Kai Trump, du propriétaire des Knicks James Dolan, ainsi que de plusieurs membres de son administration : le secrétaire aux Transports Sean Duffy, le secrétaire à l'Intérieur Doug Burgum, l'administrateur de l'Agence de protection de l'environnement Lee Zeldin et l'envoyé spécial Steve Witkoff.

Cette saison marque un retour inespéré pour les Knicks, qui n'avaient plus participé à une finale depuis 1999 et figuraient parmi les pires équipes de la ligue pendant des décennies. Les Matchs 1 et 2 avaient été remportés par la franchise new-yorkaise. Pour ce troisième match, les prix des billets sur le marché secondaire s'envolaient : les moins chers dépassaient les 10 000 dollars et certains atteignaient plus de 100 000 dollars. Interrogé sur ces tarifs, Donald Trump avait répondu : « C'est la vie. C'est en quelque sorte semi-gratuit de regarder à la télévision. »

Les gratte-ciel de la ville, de l'Empire State Building au One World Trade Center, se sont parés d'orange et de bleu, couleurs des Knicks, en soutien à l'équipe. Les deux premières soirées de match avaient déjà vu des dizaines d'arrestations, des supporters grimpant sur des lampadaires, sautant sur des chariots de nourriture et bloquant la circulation autour de l'arène, bien que l'équipe jouât alors au Texas.