L'agence française de détection et de lutte contre les ingérences numériques étrangères, Viginum, a officiellement mis en cause la société israélienne BlackCore dans des opérations de déstabilisation électorale à l'échelle internationale. Les investigations menées par le service désignent cette entreprise comme responsable de campagnes d'influence visant plusieurs scrutins, dont les élections municipales françaises de mars dernier.

Selon les informations dévoilées jeudi par les autorités françaises, BlackCore aurait utilisé des comptes anonymes sur les réseaux sociaux pour interférer dans des processus électoraux en France, en Écosse, à New York, mais également au Togo et en Angola. En Écosse, la cible aurait été le Premier ministre écossais John Swinney, le Parti national écossais (SNP) et le gouvernement écossais, avec quatre incidents distincts recensés cette année. À New York, les opérations viseraient l'élection municipale de 2025, remportée par Zohran Mamdani.

Méthodes et zones d'ombre

Lors d'une conférence de presse tenue jeudi aux côtés du Premier ministre français, Sébastien Lecornu, le directeur de Viginum, Marc-Antoine Brillant, a détaillé le mode opératoire de l'entreprise. « Ce mode opératoire ne se limitait pas aux élections municipales en France. Il semble également avoir été utilisé pour mener des opérations d'ingérence numérique étrangère dans d'autres pays ou régions, comme l'Angola, le Togo, les élections en Écosse et l'élection municipale de 2025 à New York », a-t-il déclaré.

Pour autant, l'enquête n'a pas encore permis d'établir avec certitude qui aurait commandité ces agissements. « Nous avons identifié BlackCore comme étant l'auteur des faits, mais nous ignorons encore qui a missionné cette société pour le faire », a précisé Marc-Antoine Brillant.

Implications et réactions

Ces accusations, qui interviennent dans un climat de tension autour des ingérences numériques, soulèvent des questions sur la vulnérabilité des processus démocratiques face à des acteurs privés étrangers. Les autorités françaises n'ont pas fourni de détails supplémentaires sur les actions spécifiques menées par BlackCore sur les territoires africains cités ni sur l'ampleur des opérations en France.

Pour l'heure, ni BlackCore ni les autorités israéliennes n'ont réagi publiquement à ces allégations. Le gouvernement écossais et les responsables de la ville de New York n'ont pas non plus commenté ces révélations. L'enquête de Viginum, qui se concentre sur les cyber-ingérences, pourrait conduire à des sanctions diplomatiques ou judiciaires si des preuves plus concrètes venaient à être apportées.