Le défenseur du Paris Saint-Germain (PSG) et de l'équipe du Maroc, Achraf Hakimi, a formé un pourvoi en cassation contre l'arrêt de la cour d'appel de Versailles confirmant, le 19 juin, son renvoi en procès pour viol. La décision de se pourvoir en cassation a été prise ces derniers jours, dans le délai imparti par la procédure. L'information a été confirmée par des sources proches du dossier.
Ce recours suspensif interrompt le processus judiciaire en cours. La cour d'appel de Versailles avait ordonné, à la mi-juin, le renvoi du joueur de 27 ans devant la cour criminelle des Yvelines. Cette juridiction est compétente pour juger les crimes, dont les viols, et avait été saisie après que la juge d'instruction chargée de l'affaire avait, dès 2024, estimé qu'il existait des charges suffisantes contre le sportif.
Les faits reprochés et la position de l'accusation
Les faits remontent à la nuit du 12 au 13 février 2023. Une jeune femme, âgée d'une vingtaine d'années à l'époque, a déposé plainte pour viol. Elle affirme avoir été contrainte à une relation sexuelle par Achraf Hakimi dans son domicile, situé à Bougival, dans les Yvelines. Selon les éléments de l'enquête, la plaignante et le joueur avaient eu des échanges préalables par messages, et la jeune femme s'était rendue au domicile du footballeur après l'avoir rencontré en discothèque. Elle soutient que son consentement n'a pas été librement donné. L'enquête a par ailleurs révélé que les parties avaient eu une relation sexuelle, mais que leur version diffère sur la nature de cette relation.
Le parquet de Versailles, lors de l'audience devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel, avait requis la confirmation du renvoi en procès. Les magistrats instructeurs avaient préalablement retenu des indices graves ou concordants à l'encontre du joueur, justifiant un procès aux assises. La plaignante est représentée par Me Rachel-Flore Pardo, qui a toujours défendu la crédibilité de sa cliente et la nécessité d'un procès public.
La stratégie de la défense
Depuis le début de cette procédure, l'avocate d'Achraf Hakimi, Me Fanny Colin, conteste les accusations. Après la confirmation du renvoi en procès par la cour d'appel, elle a dénoncé publiquement ce qu'elle considère comme « une tentative de manipulation » et a réclamé que les débats se déroulent en audience publique afin que la vérité soit établie. Elle a également indiqué, dans les jours précédant le pourvoi, qu'elle anticiperait la citation comme témoin de Kylian Mbappé, ancien coéquipier d'Hakimi au PSG. Ce dernier aurait été présent lors d'une partie de la soirée incriminée, selon la défense, et pourrait apporter un éclairage sur le déroulé des faits.
Le pourvoi en cassation est une voie de recours extraordinaire qui ne porte que sur la forme du droit et non sur le fond de l'affaire. La Cour de cassation ne juge pas les faits : elle examine si les règles de procédure ont été respectées et si la loi a été correctement appliquée par les juges du fond. Si la plus haute juridiction de l'ordre judiciaire français casse l'arrêt de la cour d'appel, l'affaire sera renvoyée devant une autre cour d'appel pour un nouvel examen. En revanche, si elle rejette le pourvoi, le renvoi en procès devant la cour criminelle des Yvelines sera définitif.
Un feuilleton judiciaire qui dure depuis trois ans
L'affaire a éclaté en mars 2023, lorsque la plainte de la jeune femme a été révélée par la presse. Une enquête préliminaire a d'abord été ouverte par le parquet de Versailles, avant que l'affaire ne soit confiée à un juge d'instruction. En juin 2024, après plus d'un an d'investigations, le magistrat instructeur a ordonné le renvoi d'Achraf Hakimi devant la cour criminelle. Le joueur avait alors fait appel de cette ordonnance, ce qui a conduit à l'audience de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles en mai 2026, puis à l'arrêt confirmant le renvoi en juin 2026.
La procédure de pourvoi en cassation pourrait prendre plusieurs mois avant d'être examinée par les magistrats de la Cour de cassation, située à Paris. Le calendrier judiciaire reste donc suspendu à cette décision. En parallèle, Achraf Hakimi continue de jouer sous les couleurs du PSG et de l'équipe nationale marocaine, avec laquelle il participera à la Coupe du monde 2026, dont les qualifications se poursuivent actuellement.
La jeune femme, de son côté, attend que la justice puisse statuer définitivement sur cette affaire qui la touche depuis plus de trois ans. Son conseil a toujours insisté sur la nécessité de « faire entendre la parole des victimes de violences sexuelles » et de « permettre un débat contradictoire public ».
Le club parisien, sollicité par la presse, n'a pas communiqué officiellement sur ce nouveau développement judiciaire, se cantonnant à une position de neutralité depuis le début de la procédure. L'entourage du joueur assure que ce dernier « reste concentré sur sa carrière sportive et déterminé à prouver son innocence devant les tribunaux ».