Le joueur du Paris Saint-Germain Achraf Hakimi sera jugé devant le tribunal correctionnel pour des faits de viol, après la décision rendue ce vendredi par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles. La juridiction a rejeté le recours de la défense et validé le renvoi en procès prononcé en janvier dernier par un juge d'instruction.

Les faits remontent à la nuit du 25 au 26 février 2023. Une jeune femme, alors âgée d'une vingtaine d'années, affirme avoir été violée par le défenseur international marocain dans un appartement situé à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine. Une enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet de Nanterre avant d'être confiée à un juge d'instruction au mois de mars 2023.

Les arguments de la défense écartés

Les avocats d'Achraf Hakimi contestaient la décision de mise en accusation, estimant que les charges retenues contre leur client n'étaient pas suffisamment étayées. Ils faisaient valoir que la plaignante avait modifié sa version des faits au cours de l'enquête et que des contradictions fragilisaient son récit. La défense avait également souligné l'absence de témoin direct et de preuve médicale formelle de viol.

De son côté, l'avocate de la partie civile, maître Corinne Silvestre, s'est félicitée de la décision, y voyant la confirmation que « la parole de la victime a été entendue et jugée crédible par les magistrats ». Elle a ajouté que sa cliente « attendait ce procès avec espoir » et espérait que la vérité judiciaire puisse être établie.

Un procès à venir

La date d'audience devant le tribunal correctionnel n'a pas encore été communiquée. Achraf Hakimi, qui s'est toujours déclaré innocent, encourt jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle en cas de condamnation, le viol étant qualifié de crime. Toutefois, le renvoi devant le tribunal correctionnel et non devant une cour d'assises indique que les faits sont poursuivis sous la qualification de viol simple, sans circonstance aggravante.

L'audience publique permettra d'examiner les éléments de preuve réunis par l'instruction : témoignages, expertises médico-légales et analyses numériques. Le footballeur, âgé de 27 ans, devra comparaître en personne.

Contexte juridique et implications

Cette affaire intervient dans un climat médiatique tendu autour des accusations de violences sexuelles dans le milieu du football professionnel. Plusieurs joueurs de haut niveau ont été mis en cause ces dernières années en France et à l'étranger, suscitant des débats sur la responsabilité des clubs et des instances sportives.

Achraf Hakimi, né à Madrid et formé au Real Madrid, évolue au Paris Saint-Germain depuis 2021. Il est également un pilier de la sélection marocaine, avec laquelle il a atteint les demi-finales de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Son contrat avec le PSG court jusqu'en juin 2026.

Le club parisien, interrogé à plusieurs reprises, a jusqu'ici adopté une position de réserve, indiquant suivre l'évolution de la procédure sans commenter le fond de l'affaire. La direction a réaffirmé son attachement à la présomption d'innocence, tout en se disant « attentive au bon déroulement de la justice ».

La plaignante, de son côté, a indiqué par l'intermédiaire de son conseil qu'elle ne souhaitait pas faire de déclaration publique avant le procès, afin de préserver sa sérénité et d'éviter toute pression médiatique.

Les étapes à venir

La procédure se poursuit désormais devant le tribunal correctionnel de Nanterre ou de Paris, selon la décision qui sera prise par le parquet général. Une date d'audience devrait être fixée dans les prochains mois. En attendant, les deux parties pourront encore former un pourvoi en cassation contre l'arrêt de la chambre de l'instruction, ce qui retarderait l'ouverture du procès.

Les débats publics devraient permettre d'éclaircir les circonstances exactes de la soirée du 25 février 2023, au cours de laquelle la rencontre entre le footballeur et la jeune femme a eu lieu. Les investigations ont notamment porté sur les échanges de messages et les images de vidéosurveillance.