Le gouvernement britannique monte d'un cran dans l'affaire du pilote américain Jacob Wulfson, reconnu coupable de strangulation sur une femme alors qu'il était en permission au Royaume-Uni. Le secrétaire d'État aux Affaires étrangères, David Lammy, a fait savoir qu'il allait officiellement interroger les États-Unis sur les circonstances de cette affaire et sur le système de justice militaire qui a traité le dossier.
Jacob Wulfson, pilote de chasse de l'US Air Force, a été jugé par une cour martiale sur une base aérienne américaine, bien que son crime ait été commis en dehors de son service, sur le territoire britannique. Cette particularité a suscité de vives critiques de la part d'organisations de défense des droits humains et de parlementaires, qui dénoncent un déficit de transparence et d'impartialité par rapport à la justice civile du Royaume-Uni.
Un crime commis hors base
Les faits remontent à plusieurs mois. Jacob Wulfson, en permission, a étranglé une femme dans des circonstances qui n'ont pas été précisées publiquement. Arrêté puis confié aux autorités militaires américaines en vertu des accords de statut des forces (Status of Forces Agreement, SOFA) liant les deux pays, il a été traduit devant un tribunal militaire américain, à huis clos, sur une base aérienne située en Angleterre. La victime britannique n'a pas eu accès aux mêmes garanties procédurales qu'en cour civile, ce qui alimente la controverse.
La réaction de Londres
David Lammy, qui assure la fonction de chef de la diplomatie britannique, a indiqué qu'il allait soulever la question auprès de ses homologues américains. Il souhaite obtenir des éclaircissements sur le déroulement du procès et sur les motifs ayant conduit à juger le militaire devant une cour martiale plutôt que devant une juridiction ordinaire britannique. Cette démarche intervient alors que des élus locaux et des associations féministes réclament une révision des accords bilatéraux encadrant la présence des forces américaines au Royaume-Uni.
Critiques récurrentes contre la justice militaire américaine
Ce n'est pas la première fois que le système de justice militaire des États-Unis est épinglé pour son manque d'indépendance et de transparence, en particulier lorsqu'il s'agit de crimes commis par des soldats en dehors de leurs fonctions. Plusieurs affaires similaires, tant au Royaume-Uni que dans d'autres pays hôtes, ont donné lieu à des tensions diplomatiques. Les détracteurs estiment que les tribunaux militaires protègent leurs ressortissants en évitant les poursuites civiles locales, créant ainsi une impunité de fait.
David Lammy, ancien avocat, a promis d'exiger que la lumière soit faite sur cette affaire et que les droits de la victime soient pleinement respectés. Son intervention pourrait ouvrir la voie à une renégociation des dispositions concernant la juridiction sur les personnels américains stationnés au Royaume-Uni.
Pour l'heure, aucune date n'a été fixée pour cet échange diplomatique, mais le secrétaire d'État a affirmé qu'il aborderait ce sujet lors de sa prochaine rencontre officielle avec des représentants du département d'État américain.