Nouvelles déclarations du président

Emmanuel Macron s’est exprimé une nouvelle fois sur l’affaire Lyhanna, ce mercredi 10 juin, en Conseil des ministres. Selon des informations rapportées par la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, à l’issue de la réunion, le président a déclaré : « On ne répond pas à un drame par des cris. La précipitation et la démagogie sont des réponses qui ne sont pas à la hauteur et qui ne sont pas respectueuses. » Cette prise de parole intervient au lendemain de rassemblements qui ont réuni des dizaines de milliers de personnes lundi soir, en hommage à l’adolescente et pour dénoncer les dysfonctionnements systémiques de la justice.

Des propos qui alimentent les critiques

Ces déclarations ont immédiatement provoqué de vives réactions. Les organisations de soutien à la famille de Lyhanna et plusieurs syndicats de magistrats ont exprimé leur exaspération, estimant que le président minimisait la colère légitime des manifestants. Un collectif de citoyens a dénoncé « un mépris » et « une rupture d’écoute » de la part de l’exécutif. La présidence, quant à elle, n’a pas souhaité ajouter de commentaires au compte rendu de Maud Bregeon.

Un appel à ne pas « rester sourd » répété

La veille, le 9 juin, Emmanuel Macron avait déjà plaidé pour que l’État ne « donne pas le sentiment de rester sourd » face aux mobilisations. Il avait alors évoqué la nécessité de « réponses concrètes » pour restaurer la confiance dans l’institution judiciaire. Mais ses nouvelles déclarations, ce mercredi, semblent marquer une inflexion : le chef de l’État met désormais en garde contre ce qu’il perçoit comme des réactions émotionnelles excessives.

Contexte de l’affaire

Lyhanna, une collégienne de 14 ans, est décédée dans des circonstances qui ont mis en lumière des graves défaillances de la protection de l’enfance et de la justice des mineurs. Sa mère avait alerté à plusieurs reprises les services sociaux et le parquet, sans obtenir de mesures de protection effectives. Le drame a provoqué une onde de choc dans tout le pays, avec des rassemblements dans plusieurs grandes villes.

Réactions politiques

Plusieurs personnalités politiques ont réagi aux propos présidentiels. À gauche, on dénonce un « mépris » et une « absence de mesures ». La députée écologiste Sandrine Rousseau a estimé que « les cris des manifestants sont ceux de la souffrance et de l’urgence ». À droite, le ton est plus mesuré, certains élus appelant à laisser le temps à l’enquête. Le gouvernement, par la voix de Maud Bregeon, a réaffirmé que des réformes étaient en préparation, sans en préciser le calendrier.

Vers une escalade des tensions ?

Les associations de défense des droits des enfants et les syndicats de la justice appellent à une nouvelle journée de mobilisation dans les jours à venir. La famille de Lyhanna, par l’intermédiaire de son avocat, a fait savoir qu’elle attendait des actes, pas seulement des mots. L’exécutif se trouve sous pression : répondre à l’émotion populaire tout en évitant des décisions précipitées que le président juge contre-productives.