Le procureur de la République d'Agen, Olivier Naboulet, a annoncé que le corps découvert jeudi dans le Gers est bien celui de Lyhanna, une collégienne de 11 ans disparue le 29 mai à Fleurance. L'identification a été réalisée par comparaison d'empreintes génétiques. Les médecins légistes ne sont toutefois pas en mesure, à ce stade de leurs analyses, de déterminer les causes de la mort. Une autopsie est en cours pour tenter d'établir les circonstances du décès et de savoir si la victime a subi des violences sexuelles.
Le corps avait été retrouvé au sein d'une exploitation agricole près du village de Puycasquier, à une quinzaine de kilomètres de Fleurance. Le principal suspect, Jérôme B., père de deux enfants âgé de 41 ans, qui connaissait Lyhanna car elle était amie avec sa fille, a été mis en examen pour enlèvement et séquestration et placé en détention provisoire. Il avait travaillé par le passé dans cette même exploitation.
Des réactions au plus haut niveau de l'État
Le président de la République, Emmanuel Macron, a déploré un dysfonctionnement des services de l'État, le qualifiant d'«inacceptable», depuis le Monténégro où il se trouvait pour un sommet. Il a affirmé ne vouloir «entendre aucun argument de moyens» dans cette affaire. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a évoqué des «dysfonctionnements accablants et inacceptables des services de l'État», tandis que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, s'est dit «choqué».
Le chef du gouvernement a réuni ses ministres de l'Intérieur, Laurent Nunez, de la Justice, Gérald Darmanin, et des Comptes publics, David Amiel, pendant plus de deux heures à Matignon pour faire le point sur la situation. Il a demandé que les premières conclusions de l'enquête administrative confiée à l'Inspection générale de la justice et à l'Inspection générale de la gendarmerie nationale lui soient remises sous quinze jours. Le garde des Sceaux a par ailleurs convié tous les procureurs généraux à se réunir à la Chancellerie dès lundi.
Des signalements antérieurs en question
Si les manquements précis des services de l'État restent à établir, une source gouvernementale a indiqué que la circulaire pénale priorisant les enfants victimes dans le traitement des plaintes n'avait pas été «appliquée par la procureure d'Auch», Clémence Meyer. Cette instruction, signée par Gérald Darmanin, avait été diffusée en janvier. Depuis le début de la semaine, des révélations sur les antécédents du principal suspect ont fait apparaître plusieurs signalements ou plaintes à son encontre, notamment pour viol sur mineure.