L’affaire Lyhanna, du nom d’une adolescente tuée dans des circonstances qui ont ému l’opinion, a été au centre des déclarations d’Éric Ciotti, mercredi 10 juin. Invité de l’émission Face à Face sur RMC et BFMTV, le maire de Nice et président du groupe UDR (Union des Droites pour la République) a estimé que ce drame illustrait un effondrement des priorités de l’État.

« La sécurité de nos concitoyens n’est plus une valeur première », a-t-il déploré, en référence directe à l’affaire. Selon lui, les pouvoirs publics auraient progressivement relégué la protection des personnes au second plan, ce qui expliquerait une multiplication des actes violents et un sentiment d’impuissance généralisé.

Un « quoi qu’il en coûte » sécuritaire

Face à ce constat, Éric Ciotti a plaidé pour un changement d’échelle dans la réponse de l’État. Reprenant l’expression devenue célèbre lors de la crise sanitaire, il a réclamé un « quoi qu’il en coûte sécuritaire ». Ce concept, selon lui, devrait se traduire par des moyens budgétaires massifs, un renforcement des effectifs de police et de justice, ainsi qu’une fermeté accrue à l’égard des auteurs de violences. Il n’a pas précisé le montant ni les modalités concrètes de ce plan, mais a insisté sur la nécessité d’une « rupture » dans la politique menée.

« Les Français sont lassés de cette impuissance », a-t-il martelé, estimant que l’exécutif actuel n’avait pas pris la mesure du problème. Il a opposé à cette « impuissance » une vision de l’autorité qu’il juge indispensable pour restaurer la confiance des citoyens.

Un appel à une « révolution sécuritaire »

Le président de l’UDR ne s’est pas contenté d’une critique. Il a appelé à ce qu’il qualifie de « révolution sécuritaire », reprenant un thème qu’il développe régulièrement lors de ses interventions. Pour lui, la France doit sortir d’une logique de « tolérance » qui, selon ses termes, aurait conduit à « laisser faire » les délinquants. Il a notamment évoqué la nécessité de modifier les textes de loi pour durcir les peines et faciliter les procédures judiciaires.

Sans mentionner directement de nom, il a également pris pour cible les « politiques de la ville » et les dispositifs sociaux qui, à ses yeux, n’auraient pas apporté de résultats probants en matière de prévention. « On ne peut pas continuer à dépenser sans mettre la sécurité au centre », a-t-il insisté.

Un contexte politique tendu

Ces déclarations interviennent dans un climat politique où la question sécuritaire occupe une place centrale. L’affaire Lyhanna a suscité une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et dans une partie de la classe politique. Plusieurs responsables de droite et d’extrême droite ont appelé à des mesures fortes, tandis que la majorité présidentielle a annoncé des dispositifs supplémentaires.

Éric Ciotti, qui s’est illustré ces derniers mois par des prises de position tranchées sur l’immigration et la sécurité, cherche ainsi à capitaliser sur l’émotion suscitée par ce drame pour peser sur le débat national. Il n’a pas exclu, lors de son intervention, de multiplier les initiatives législatives pour faire avancer ses idées.

Réactions attendues

Pour l’instant, ni le gouvernement ni les autres partis n’ont officiellement réagi aux propos du maire de Nice. Toutefois, ses déclarations devraient alimenter les discussions dans l’hémicycle et dans les médias dans les jours à venir. L’affaire Lyhanna, quant à elle, continue de mobiliser l’attention : une enquête est en cours et des hommages ont été rendus à la jeune fille dans plusieurs villes.

Éric Ciotti, en utilisant cette affaire comme symbole de ce qu’il considère comme un échec de l’État, tente de s’imposer comme la voix principale d’une droite ferme sur les questions sécuritaires. Reste à savoir si son « quoi qu’il en coûte sécuritaire » trouvera un écho au sein de l’opinion et auprès des autres élus.