La demande mondiale d'agrocarburants, ces carburants élaborés à partir de ressources agricoles, devrait connaître une croissance rapide dans les années à venir, selon les projections d'une organisation non gouvernementale. Ces prévisions ravivent les craintes d'une concurrence accrue entre les cultures destinées à l'alimentation humaine et celles utilisées pour la production de carburants.

L'ONG Transport & Environment estime que la consommation planétaire d'agrocarburants pourrait bondir de 30 % dès 2026, puis de 70 % à l'horizon 2030. Cette augmentation serait principalement portée par les politiques de décarbonation des transports, qui encouragent le recours à des carburants renouvelables. Cependant, la fabrication de ces agrocarburants mobilise des terres arables et des récoltes, ce qui pourrait réduire les disponibilités alimentaires et faire grimper les prix des denrées de base.

Les défenseurs de la sécurité alimentaire mondiale s'inquiètent des conséquences potentielles pour les populations les plus vulnérables. Si la tendance se confirme, la compétition pour l'usage des surfaces agricoles risque de s'intensifier, mettant sous pression les marchés céréaliers et oléagineux. Certains experts appellent à un encadrement plus strict du développement des agrocarburants, afin d'éviter qu'ils ne compromettent l'accès à une nourriture suffisante.

Les chiffres avancés par Transport & Environment interviennent alors que de nombreux pays renforcent leurs objectifs en matière d'énergies renouvelables dans les transports. La question des agrocarburants demeure clivante : pour leurs promoteurs, ils représentent une alternative aux énergies fossiles ; pour leurs détracteurs, ils constituent une menace directe pour l'équilibre alimentaire mondial. L'étude de l'ONG relance ainsi le débat sur la nécessité de concilier transition énergétique et sécurité alimentaire.