Le phénomène des « Neet » (Not in Employment, Education or Training) inquiète de plus en plus. Ce terme désigne les jeunes qui ne sont ni en emploi, ni scolarisés, ni en formation. Alors que les pouvoirs publics multiplient les dispositifs, une question émerge du côté des proches : comment agir concrètement lorsqu’un enfant, un frère, une sœur ou un ami se trouve dans cette situation ?

Un appel à témoignages pour recueillir des expériences

Une initiative de collecte de témoignages a été lancée afin de documenter les pratiques qui fonctionnent réellement au sein des familles et des cercles amicaux. Les organisateurs cherchent à comprendre quelles approches — qu’il s’agisse de dialogues, d’incitations financières, de mise en réseau ou de soutien psychologique — ont aidé des jeunes à sortir de l’inactivité. L’objectif est de constituer une base de retours concrets, loin des discours institutionnels, pour identifier les leviers les plus efficaces.

Des chiffres en hausse

Les dernières données disponibles montrent une augmentation du nombre de Neet dans plusieurs pays développés, un phénomène amplifié par les crises économiques et sanitaires récentes. Au Royaume-Uni, par exemple, près d’un jeune sur huit âgé de 16 à 24 ans était considéré comme Neet au dernier trimestre, un niveau record. Cette situation préoccupe les économistes, car elle représente à la fois un gâchis de potentiel humain et un coût social élevé à long terme.

Les difficultés de l’entourage

Les proches de ces jeunes décrivent souvent un sentiment d’impuissance. Certains parents témoignent de leur perplexité face à un enfant qui refuse toute proposition de formation ou d’emploi. D’autres racontent comment ils ont dû apprendre à doser soutien et pression pour ne pas briser la confiance. « On ne sait pas toujours où est la limite entre encourager et forcer », confie une mère dans le cadre de l’appel à témoignages. Les fratries ne sont pas en reste : frères et sœurs racontent des tentatives d’orientation vers des stages ou des jobs d’été, souvent infructueuses.

Des stratégies variées

Parmi les pistes évoquées, plusieurs familles soulignent l’importance de ne pas couper les ponts. Maintenir un lien régulier, même ténu, semble favoriser le retour progressif vers une activité. Certains ont eu recours à un coaching informel : aider à rédiger un CV, proposer des contacts professionnels, ou simplement accompagner à un entretien. D’autres ont opté pour des solutions plus structurées, comme le parrainage par un ami de la famille travaillant dans un secteur porteur.

Les aspects financiers sont également un point sensible. Plusieurs témoins rapportent avoir accordé une aide pécuniaire temporaire, tout en fixant des conditions claires pour éviter l’installation dans l’assistanat. D’autres, au contraire, estiment que toute aide financière directe est contre-productive et préfèrent financer une formation ou un permis de conduire.

Le rôle des services publics

Les initiatives institutionnelles, comme les « guichets uniques » pour les jeunes ou les programmes de mentorat, sont connues mais peu utilisées selon certains témoignages. Les proches déplorent souvent un manque d’information ou une complexité administrative qui décourage les jeunes déjà fragilisés. Quelques-uns saluent néanmoins l’action d’associations locales qui font le lien entre le jeune et l’emploi.

Un phénomène aux causes multiples

Les causes de l’inactivité des jeunes sont diverses : décrochage scolaire, problèmes de santé mentale, manque de confiance en soi, inadéquation entre l’offre de formation et le marché du travail, ou encore difficultés familiales. Les spécialistes insistent sur la nécessité d’une approche individualisée. Chaque situation appelle une réponse sur mesure, et ce qui fonctionne pour un jeune peut échouer pour un autre.

Vers une publication des résultats

Les résultats de cette collecte de témoignages doivent être compilés et analysés dans les semaines à venir. L’objectif est de produire un guide pratique destiné aux proches, avec des conseils concrets issus des expériences partagées. Les organisateurs espèrent ainsi contribuer à briser l’isolement des familles et offrir des repères à ceux qui cherchent à aider un jeune Neet sans savoir par où commencer.