Le directeur général d'Air France-KLM, Benjamin Smith, a indiqué ce dimanche 7 juin que le groupe ne participait pas aux discussions entourant une éventuelle offre de rachat d'EasyJet, mais qu'il restait néanmoins très attentif à l'évolution de ce dossier. Interrogé par Bloomberg TV depuis Rio de Janeiro, en marge de l'assemblée générale annuelle de l'Association du transport aérien international (Iata), le dirigeant a été invité à réagir aux initiatives du fonds d'investissement américain Castlelake, qui a fait savoir qu'il étudiait une possible acquisition de la compagnie à bas coûts.

« Nous ne sommes pas impliqués », a répondu Benjamin Smith, démentant toute participation active aux tractations. Cependant, lorsque le journaliste lui a demandé s'il serait disposé à se joindre à une éventuelle offre que Castlelake lui proposerait, le patron d'Air France-KLM a répondu par l'affirmative. « Bien sûr. Oui. Et je m'attendrais à ce que tous nos concurrents fassent de même », a-t-il ajouté, reconnaissant l'intérêt que suscite naturellement une entreprise comme EasyJet.

Une compagnie jugée « très impressionnante »

Benjamin Smith a livré une appréciation flatteuse de son homologue britannique, décrivant EasyJet comme « une compagnie aérienne très impressionnante » dotée « d'une histoire fantastique » en matière de développement. Il a également souligné des positions stratégiques notables, notamment à Genève et à Londres-Gatwick. « Leur capitalisation boursière est basse », a-t-il observé, suggérant que la valorisation actuelle de l'entreprise pourrait en faire une cible attrayante.

Des liens déjà tissés avec Castlelake

Air France-KLM entretient déjà des relations d'affaires avec Castlelake, puisque le fonds américain est impliqué dans l'opération de rachat de participations dans la compagnie scandinave SAS. « Cela s'est bien passé et cela se passe toujours bien avec eux concernant SAS », a confirmé Benjamin Smith, laissant entendre que la collaboration pourrait être étendue à d'autres projets. L'acquisition de la majorité de SAS par Air France-KLM est encore soumise à l'aval des autorités de régulation, attendu courant 2026.

EasyJet en ligne de mire, mais pas seulement

Castlelake avait annoncé fin mai qu'il en était « aux premiers stades d'examen d'une éventuelle offre » pour EasyJet, sans certitude sur le dépôt ni le montant. La direction d'EasyJet avait alors qualifié cette approche d'« opportuniste ». De son côté, Air France-KLM ne se limite pas à ce dossier : le groupe est également candidat à la privatisation de TAP Air Portugal, une autre compagnie européenne en cours de cession.

Une position d'attente prudente

Si Air France-KLM écarte toute implication directe dans les négociations actuelles, les déclarations de Benjamin Smith traduisent une veille active sur le marché du transport aérien. Le groupe semble prêt à saisir toute opportunité qui pourrait se présenter, tout en ménageant ses relations avec Castlelake, un partenaire déjà connu. La position officielle reste celle d'un observateur attentif, mais la porte n'est pas fermée à une éventuelle participation future.