La Nasa a officiellement levé vendredi l'ordre de confinement qui avait contraint une partie de l'équipage de la Station spatiale internationale à se replier dans le segment américain en raison d'une fuite d'air. Selon l'agence spatiale américaine, la pression à l'intérieur du module russe Zvezda s'est stabilisée, permettant aux astronautes de regagner l'ensemble des installations. En parallèle, Roscosmos a suspendu les opérations de réparation engagées pour colmater la fuite, sans préciser si ces travaux reprendront ultérieurement.
L'incident avait débuté brutalement dans la matinée du 5 juin, lorsqu'une augmentation soudaine du débit de fuite a déclenché une alarme à bord. Les sept membres d'équipage de la mission Crew-12 ont alors été invités à se rassembler dans le module américain Unity, une mesure de précaution visant à faciliter un éventuel amarrage d'urgence d'un vaisseau Soyouz ou Crew Dragon. Le porte-parole de la Nasa a expliqué que le scénario redouté était une dépressurisation rapide du module russe, qui aurait pu compromettre la sécurité des astronautes s'ils s'y trouvaient encore.
Une fuite ancienne qui s'aggrave
Cette fuite d'air n'est pas nouvelle : elle avait été détectée pour la première fois en 2024 dans le module Zvezda, un élément vieillissant de la station mis en orbite en 2002. Les ingénieurs russes avaient déjà procédé à plusieurs colmatages provisoires, mais l'écoulement s'est intensifié au fil des mois. Les données de télémétrie montrent que le débit a triplé en l'espace de quelques semaines, ce qui a conduit les responsables de la mission à prendre des mesures inhabituelles. La Nasa précise que le seuil d'alerte n'avait pas encore été atteint, mais que la tendance justifiait une activation du protocole de confinement.
Roscosmos a pour sa part indiqué que les réparations en cours étaient interrompues afin de « réévaluer les méthodes d'intervention ». Les cosmonautes russes avaient tenté d'appliquer un kit de jointure interne, mais la complexité de l'accès à la fissure – située derrière des panneaux d'isolation – a rendu l'opération délicate. Les experts estiment que la structure métallique du module pourrait être soumise à des contraintes de fatigue difficiles à neutraliser depuis l'intérieur.
La station vieillissante sous surveillance
L'incident relance les interrogations sur l'état de la Station spatiale internationale, dont les premiers éléments ont été lancés en 1998. La Nasa et Roscosmos mènent depuis 2023 des inspections approfondies de l'intégrité structurelle des modules russes, qui présentent des signes de détérioration accélérée. Les autorités américaines ont déjà évoqué la possibilité de réduire la présence humaine à bord si les réparations s'avéraient inefficaces, mais aucun calendrier n'a été fixé pour une telle éventualité.
Les astronautes, qui ont retrouvé leurs postes de travail, doivent désormais surveiller quotidiennement les capteurs de pression dans la zone concernée. La Nasa a confirmé que la coopération russo-américaine reste opérationnelle, malgré les tensions géopolitiques. Le prochain vol d'approvisionnement, prévu dans trois semaines, pourrait emporter du matériel supplémentaire si Roscosmos décide de reprendre les travaux de colmatage.